Séminaire des Pères Maristes: cinq adolescents devront faire face à la justice

QUÉBEC — Des accusations seront portées contre cinq des sept élèves d’un collège privé de la région de Québec qui auraient échangé des photos explicites de trois jeunes filles, a tranché vendredi le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) après avoir évalué le dossier soumis par le Service de police de la Ville de Québec.

Les cinq adolescents, qui fréquentent le Séminaire des Pères Maristes, font tous face à des accusations de leurre. Des accusations d’extorsion, de distribution de pornographie juvénile, de possession de pornographie juvénile, d’avoir rendu accessible une image intime sans consentement ont également été déposées. L’un des jeunes est également accusé d’agression sexuelle.

Les adolescents accusés devront comparaître devant le tribunal de la jeunesse dans les prochaines semaines.

Ils doivent respecter, entre autres, les conditions de s’abstenir de communiquer directement ou indirectement avec les plaignantes et de s’abstenir de les importuner, a précisé le DPCP.

Deux autres adolescents seront traités selon le programme de sanctions extrajudiciaires qui vise à développer des alternatives à la judiciarisation chez les adolescents en faisant appel aux ressources de la communauté.

Les responsables de l’école ont été informés des conditions imposées, a précisé Me Jean Pascal Boucher du DPCP.

Par voie de communiqué, le Séminaire des Pères Maristes a indiqué qu’il prendra le temps nécessaire pour étudier la décision.

«À court terme, nous souhaiterons adapter notre plan d’action, et ce, en collaboration avec le DPCP qui est responsable du respect des conditions qu’il a émises», a soutenu le directeur général, François Sylvain.

Le Service de police de la Ville de Québec avait procédé à l’arrestation de six adolescents, âgés de 12 à 14 ans, le 2 mai dernier. La direction du Séminaire des Pères Maristes avait alerté les autorités en avril et une enquête de l’unité spécialisée en exploitation sexuelle de mineurs avait été déclenchée.

L’établissement d’enseignement a annoncé le 14 août sa décision de ne pas réintégrer les élèves visés par l’enquête.

Toutefois, la Cour supérieure du Québec a ordonné au collège privé de réintégrer trois des élèves exclus. Le juge Daniel Dumais a fait valoir que l’établissement causerait un préjudice puisque sa proposition de changer les élèves d’école impliquait de les déraciner d’un environnement éducatif devenu familier, de mettre de côté une certaine routine, des amitiés, un sentiment d’appartenance plus ou moins présent, de même que les relations avec les professeurs et animateurs.

La direction de l’école avait ensuite fait savoir qu’elle n’avait d’autre choix que de respecter la décision du tribunal. Les parents de trois autres élèves avaient déjà pris la décision d’inscrire leurs enfants dans d’autres établissements.

Pour manifester contre la décision du tribunal, le Regroupement des groupes de femmes de la région Capitale-Nationale a organisé une chaîne humaine devant le Séminaire des Pères Maristes mardi dernier. 

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