Sénat: les républicains perdent un siège au Colorado, en prennent un en Alabama

WASHINGTON — Les républicains ont perdu un siège dans le Colorado mardi, mais en ont ajouté un dans l’Alabama, alors qu’ils disputaient le contrôle du Sénat à leurs rivaux démocrates. Deux de leurs élus les plus en vue ont aussi conservé leurs sièges.

Au Colorado, l’ancien gouverneur démocrate John Hickenlooper a battu le sénateur républicain Cory Gardner. «Le moment est venu pour une approche différente», a-t-il dit dans une vidéo mise en ligne sur Facebook.

Les républicains ont récupéré le siège en jeu dans l’Alabama quand Tommy Tuberville, un ancien entraîneur de football de l’université Auburn, a battu le démocrate Doug Jones, qui était en poste dans ce bastion Trump seulement depuis l’élection spéciale de 2017.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, le sénateur Mitch McConnell du Kentucky, a battu la candidate démocrate, l’ancienne pilote de chasse Amy McGrath.

«Nous ne savons pas quel parti contrôlera le Sénat, a dit M. McConnell depuis Louisville. Mais certaines choses sont assurées. Des défis énormes nous attendent, des défis qui se fichent de nos divisions politiques. Nous savons que notre prochain président devra unifier le pays, alors que nous continuons à amener des idées et des engagements différents à la table.»

S’il a dit souhaiter continuer à diriger la majorité républicaine aux côtés du président Trump, M. McConnell a aussi reconnu que des courses serrées pourraient voir le contrôle du Sénat passer aux démocrates.

En Caroline du Sud, le sénateur Lindsey Graham a résisté à l’offensive du démocrate Jaime Harrison qui avait récolté 100 millions $ US en financement, du jamais vu dans cet État.

Plusieurs démocrates ont été réélus, dont Mark Warner en Virginie, Dick Durban en Illinois et Ed Markey au Massachusetts. Dans le Delaware, Chris Coons a conservé l’ancien siège de Joe Biden face à une candidate républicaine qui adhérait auparavant à la théorie du complot QAnon.

Du côté républicain, Tom Cotton a été réélu en Arkansas, John Cornyn au Texas, Ben Sasse au Nebraska, James Inhofe en Oklahoma et Shelley Moore Capito en Virginie-Occidentale.

Les républicains essayaient de protéger leur majorité face aux candidats démocrates qui tentent de déloger les alliés du président Donald Trump à travers le pays.

De la Nouvelle-Angleterre jusqu’au Sud profond des États-Unis, du Midwest jusqu’aux Rocheuses, des sénateurs républicains étaient sous pression dans des États longtemps considérés comme des bastions imprenables. La gestion de la pandémie de COVID-19 par Washington, les retombées économiques de cette crise sanitaire et l’anxiété du pays influenceront le choix des électeurs.

L’obtention d’une majorité au Sénat sera cruciale au prochain président. Les sénateurs confirment les candidats de l’administration, dont les membres du cabinet, et peuvent accélérer (ou paralyser) l’agenda de la Maison-Blanche. Les républicains y détiennent actuellement une majorité de 53 contre 47, ce qui veut dire qu’une poignée de sièges pourraient tout changer.

Cette année, les républicains doivent défendre 23 sièges au Sénat, contre seulement 12 pour les démocrates. La campagne s’est toutefois rapidement transformée en référendum sur M. Trump et son parti.

Coincés à Washington pour confirmer la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême une semaine avant le jour du scrutin, les sénateurs se sont éparpillés à travers le pays — parfois en compagnie du président — pour lancer un dernier appel aux électeurs.

En Caroline du Nord, le sénateur républicain Thom Tillis a participé à un événement de la campagne Trump lundi, à Fayetteville. M. Tillis est menacé par le candidat démocrate Cal Cunningham, même si celui-ci est embourbé dans un scandale de sextage.

Les responsables électoraux locaux ont ordonné à quatre bureaux de scrutin qui avaient ouvert leurs portes en retard de rester ouverts environ 45 minutes de plus, ce qui pourrait retarder l’annonce des résultats dans cet État.

Dans le Maine, la sénatrice républicaine Susan Collins a fait un dernier arrêt dans le comté d’Aroostook, près de sa ville natale, pour rencontrer les travailleurs d’une scierie. Sa rivale démocrate Sara Gideon a rencontré les clients d’un petit restaurant lundi.

La course dans le Maine compte parmi celles dont l’issue pourrait ne pas être décidée dès mardi, si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des voix. Mme Collins est habituellement vue comme une centriste relativement indépendante, mais sa situation illustre à quel point il est difficile pour les sénateurs républicains de plaire aux partisans de M. Trump sans du même coup être désertés par ceux qui les ont portés au pouvoir.

L’Arizona pourrait être représenté par deux sénateurs républicains pour la première fois, si l’ancien astronaute Mark Kelly maintient son avance face à la sénatrice républicaine Martha McSally pour le siège appartenant anciennement à John McCain.

Même le siège vacant au Kansas, qui n’a pas élu de démocrate au Sénat depuis 1932, est chaudement disputé.

«Plus le président Trump est populaire dans un État, plus c’est facile de gagner une course», a résumé le stratège républicain Corry Bliss.

Dans le Michigan, les républicains ont mené une campagne agressive pour John James, un homme d’affaires noir, face au sénateur démocrate Gary Peters.

«Nous pensons que ça change en notre faveur», a dit Steven Law, qui a contribué aux efforts de financement de M. James.

Les deux sièges sénatoriaux de la Géorgie étaient en jeu, et un second tour pourrait être nécessaire le 5 janvier si aucun candidat ne franchit la barre des 50 %.

Le sénateur républicain David Perdue, l’ancien homme d’affaires qui est le «sénateur préféré» du président Trump, affronte le démocrate Jon Ossoff, qui a profité de la générosité des électeurs soucieux de l’environnement.

Dans l’autre course géorgienne, la sénatrice républicaine Kelly Loeffler affronte deux rivaux — le représentant républicain Doug Collins et le démocrate Raphael Warnock — dans le cadre d’une élection spéciale pour ce siège auquel elle a été nommée lors de la retraite du sénateur républicain Johnny Isakson.

Le paysage politique a complètement changé depuis six ans, quand plusieurs sénateurs ont affronté l’électorat pour la dernière fois, ce qui témoigne de l’ampleur de la secousse sismique survenue sous Donald Trump.

Au Montana, le sénateur républicain Steve Daines est défié par le gouverneur démocrate Steve Bullock, dans un État où M. Trump était populaire. Les démocrates ont toutefois ouvert une brèche avec la candidature de M. Bullock, qui a aussi brièvement brigué l’investiture présidentielle de son parti.

La sénatrice républicaine de l’Iowa Joni Ernst tente d’obtenir un deuxième mandat face à la démocrate Theresa Greenfield. Au Texas, un État anciennement solidement républicain, le sénateur républicain John Cornyn affronte un nouveau-venu, MJ Hegar.

Et en Alaska, un autre néophyte politique, le docteur Al Gross, a fracassé des records de financement grâce notamment à une campagne publicitaire virale contre le sénateur républicain Dan Sullivan.

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