Sept ans de prison pour deux policiers français qui ont violé une Canadienne

PARIS — Deux policiers français d’élite ont été reconnus coupables d’avoir violé une touriste canadienne à l’ancien siège de la police judiciaire parisienne — le fameux «36, quai des Orfèvres» —, écrivent jeudi des médias français. 

Les deux policiers de la brigade antigang ont été condamnés à sept ans de prison ferme et à 20 000 euros de dommages et intérêts pour «viol en réunion». Les policiers, Nicolas Redouane et Antoine Quirin, ex-membres de la réputée «BRI» (brigade de recherche et d’intervention), ont nié avoir violé la plaignante, Emily Spanton, qui a accepté d’être identifiée publiquement.

Mme Spanton, la fille d’un policier de Toronto, avait 34 ans, en avril 2014, lorsque les policiers l’ont violée après une rencontre nocturne dans un pub irlandais situé en face du poste de police. Mme Spanton a expliqué qu’elle croyait être plus en sécurité en allant au poste de police qu’à son hôtel.

Elle a soutenu qu’elle avait rencontré un groupe de policiers en avril 2014 dans un pub irlandais en face du «36», près de la Seine. Après quelques consommations, elle a accepté leur proposition d’une visite nocturne du quartier général où, selon elle, on l’a forcée à boire du whisky et à pratiquer des fellations; elle affirme avoir été violée à plusieurs reprises. Quand elle est repartie, environ 90 minutes plus tard, elle était pieds nus et à demi vêtue.

Des documents judiciaires révèlent que l’ADN des policiers a été retrouvé sur les sous-vêtements de la plaignante. Un examen médical a détecté des meurtrissures en plusieurs endroits sur son corps et une lésion gynécologique. Des experts ont également déterminé que son organisme contenait entre 2,6 et 3,3 grammes d’alcool par litre de sang au moment des viols.

Mme Spanton avait tout d’abord affirmé qu’elle avait été violée par quatre policiers, avant de mentionner trois agresseurs; seulement deux policiers ont finalement été traduits en justice.

Des juges d’instruction avaient tout d’abord déclaré un non-lieu, mais le parquet de Paris et la plaignante ont remporté leur appel et le procès aux assises a débuté le 14 janvier dernier. L’un des accusés a admis avoir reçu une fellation de Mme Spanton, mais il assure que la plaignante était consentante. L’autre accusé a commencé par tout nier en bloc, avant de reconnaître finalement avoir échangé des caresses avec sa partenaire «consentante».