Sept résidents vaccinés du Centre Maimonides contractent la COVID-19

MONTRÉAL — C’est ce qu’ils redoutaient. C’est malheureusement ce qui est arrivé. Sept résidents qui ont reçu leur première dose du vaccin Pfizer-BioNTech ont contracté la COVID-19 au Centre hospitalier gériatrique Maimonides, situé à Côte-Saint-Luc, sur l’île de Montréal. 

C’est ce que l’on apprend dans un message que la direction du centre a fait parvenir mardi aux familles des résidents. 

«Les résidents qui ont eu un test positif récemment ont tous reçu la première dose du vaccin contre la COVID-19 et ils ont été infectés au cours des 28 premiers jours suivant l’administration de cette dose», peut-on lire dans le message adressé aux familles. 

La direction reconnaît les préoccupations des résidents et des familles quant à l’administration de la seconde dose et a indiqué qu’elle continuera de surveiller étroitement l’évolution de la COVID-19 au sein de son établissement.

«Plusieurs se demandent quand nos résidents recevront la seconde dose. Conformément aux directives du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), l’administration de cette seconde dose a été retardée, puisqu’il est prouvé qu’en quelques semaines une dose du vaccin offre une protection à court terme contre la COVID-19. Cette décision est fondée sur l’espoir que l’administration de la première dose du vaccin à un plus grand nombre de personnes sera plus bénéfique à la population.»

L’établissement rappelle que la vaccination n’est pas une raison pour relâcher la vigilance par rapport aux mesures sanitaires et enjoint les familles à rester à la maison si elles présentent des symptômes. 

La direction du centre dit continuer de collaborer étroitement avec la Santé publique ainsi que les équipes de prévention et contrôle des infections de la résidence pour analyser la situation et établir un plan d’action. 

La semaine dernière un groupe de 12 résidents dénonçait la décision de Québec de retarder l’administration de la seconde dose du vaccin.

L’avocate Vanessa Paliotti, de la firme Grey Casgrain, qui représente le groupe, avait fait valoir que les résidents avaient consenti à se faire vacciner sous réserve de recevoir les deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech. «Ils n’auraient pas accepté de recevoir qu’une seule dose», avait affirmé l’avocate en entrevue téléphonique.

MePaliotti a notamment expliqué que les résidents craignaient de contracter le coronavirus si l’attente pour la deuxième dose  venait à se prolonger pour une période indéterminée.

Ses clients ont choisi de se faire vacciner à la lumière des informations concernant les deux doses données à 21 jours d’intervalle, avait-elle fait valoir.

Les rendez-vous pour la deuxième dose des résidents du Centre gériatrique Maimonides ont été annulés à la suite du changement de stratégie du gouvernement Legault, de vacciner un plus grand nombre de personnes prioritaires.

L’objectif de cette décision était d’accélérer la vaccination des personnes les plus vulnérables, devant la flambée de nouveaux cas qui se propagent à travers la province.

Le Centre gériatrique Maimonides a été l’un des deux premiers établissements du Québec à recevoir le vaccin contre la COVID-19.

Un infectiologue peu surpris

La nouvelle ne surprend pas le Dr Donald Vinh, microbiologiste et infectiologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Il rappelle qu’il faut compter environ 12 à 14 jours entre la vaccination et le moment où le corps est protégé contre le coronavirus. 

De plus, «c’est possible de se faire vacciner et de contracter le coronavirus, comme c’est le cas avec n’importe quel autre vaccin», explique le spécialiste. Il cite le vaccin contre la grippe à titre d’exemple qui ne protège pas une personne à 100 %, mais lui permet au moins de développer des formes moins graves de la maladie. 

Par ailleurs, «ça (le vaccin) ne fonctionne pas tout de suite», martèle-t-il. 

Il faut aussi considérer d’autres facteurs comme le moment de l’infection. Il ajoute que les résidents peuvent avoir été infectés avant de recevoir le vaccin. 

«Lorsque vous recevez la première dose, les études suggèrent un niveau de protection qui varie entre 54 % à 90 %. Si on fait une moyenne, elle se situerait probablement plus entre 60 % à 70 %.

«Ce qui veut dire que le risque de contracter une infection virale est diminué d’à peu près 30 % à 40 % après la première dose.»

Toutefois, «le fait d’être vacciné ne veut pas dire qu’on ne peut pas être infecté», confirme le médecin. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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