Services de garde: le syndicat fait du lobby pour un nouveau nom

QUÉBEC — Les responsables de service de garde (RSG) à la petite enfance veulent lutter contre l’image négative dont elles souffrent et les préjugés à leur endroit: elles feront du lobbying pour changer leur appellation dans la loi actuelle.

Leur syndicat n’a toujours pas digéré que le premier ministre François Legault les qualifie de techniciennes de garde en Chambre, pour en contrepartie mousser son projet de maternelle quatre ans, perçu comme un service concurrent aux services de garde.

«Nous sommes tombées des nues», a dit la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (CSQ), Valérie Grenon, en entrevue avec La Presse canadienne, lundi.

«On ne pensait jamais qu’en 2019, le premier ministre nous rabaisserait à ce point-là. On doit avoir une reconnaissance du travail qui est fait auprès des 0 à 5 ans. (…) Il dénigre notre métier pour valoriser ses maternelles quatre ans. On attend toujours des excuses publiques du premier ministre.»

Pour se débarrasser de cette perception jugée péjorative, le syndicat veut faire changer le terme RSG pour le remplacer par responsable de service éducatif (RSE) dans la loi.

Mme Grenon fera du démarchage auprès du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, ainsi que des porte-parole des partis d’opposition en matière de famille, afin de faire aboutir cette modification législative.

Cette reconnaissance est loin d’être symbolique, a assuré Mme Grenon, puisqu’elle permettra d’améliorer les conditions de travail de ses membres, de reconnaître leur formation exhaustive et la qualité de leur encadrement.

«Ce n’est plus de la garde d’enfants, a-t-elle fait valoir. Comme pour les éducatrices en Centre de la petite enfance (CPE), elles ont des programmes éducatifs obligatoires, des évaluations de la qualité qui s’en viennent. Ce sont des professionnels de la petite enfance.»

Qui plus est, la nouvelle appellation permettrait de faciliter le recrutement en rendant la carrière plus attirante, puisque les cohortes de finissantes ne suffisent pas à la demande.

Mme Grenon dit sentir chez le ministre Lacombe une reconnaissance du travail effectué par les intervenantes, mais elle souhaite qu’il agira avec célérité pour effectuer les modifications à la loi actuelle.

La prochaine étape consistera à améliorer les conditions de travail des membres au cours des prochaines négociations dans le secteur public, a-t-elle évoqué.  

La Fédération représente 14 000 membres, dont près de 10 000 responsables de service de garde en milieu familial et 3000 intervenantes en CPE.

Les plus populaires