Seulement 76 % du nombre habituel de coloscopies ont été réalisées durant la pandémie

QUÉBEC — Le Québec accuse un retard marqué dans le dépistage du cancer du côlon.

C’est ce qu’il a été possible d’apprendre lors de l’étude des crédits du ministère de la Santé cette semaine à l’Assemblée nationale.

La situation est complexe, affirme la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny. Contrairement aux mammographies, les coloscopies se font presque exclusivement à l’hôpital.

Elle a confirmé, en réponse à une question de la porte-parole libérale en santé Marie Montpetit, que seulement 76 % du nombre habituel de coloscopies avaient été réalisées durant la pandémie.

En d’autres mots, 208 000 coloscopies ont été faites au Québec, alors que ce chiffre est habituellement de 275 000.

La Dre Opatrny n’a pas caché son inquiétude.

«Le fait que nous ne sommes pas rendus à 100 % de nos activités est effectivement un problème, parce qu’on peut avoir des cancers qui sont présents, mais pas trouvés», a-t-elle déclaré.

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus mortel au Québec, après celui du poumon, loin devant celui du sein et de la prostate.

«Ça ne me rassure pas, ce que j’entends, ça ne me rassure pas du tout», lui a répondu Mme Montpetit. «À vrai dire, je n’essaie pas d’être rassurante», a répliqué la Dre Opatrny.

Le gouvernement a tout de même un plan de rattrapage, a-t-elle poursuivi, pourvu que la troisième vague de la pandémie «se calme».

Ce plan consiste à éventuellement ouvrir des salles en soirée et les fins de semaine, dépendamment de la disponibilité de la main-d’oeuvre. 

Déjà, les médecins «s’aident entre eux» lorsqu’il n’y a pas assez d’infirmières, et des ententes ont été conclues avec des centres médicaux spécialisés (CMS) privés pour la réalisation de coloscopies. 

«La situation des coloscopies est malheureusement plus complexe que pour le rattrapage des mammographies», a déclaré la Dre Opatrny.

Québec confirme que 250 000 mammographies ont été faites en 2020, contre 333 000 l’année précédente.

Mais l’enjeu n’en est pas un de disponibilité des salles, affirme la Dre Opatrny. Ce sont plutôt les femmes qui n’ont pas pris rendez-vous, ou qui ne se sont pas présentées à leur rendez-vous, selon elle.

«Pendant la première vague, les centres de dépistage ont été fermés, (…) mais pendant la deuxième et troisième vague, il n’y a jamais eu un arrêt de l’offre de services en dépistage, qui se fait majoritairement à l’extérieur des hôpitaux.»

La sous-ministre adjointe encourage toutes les femmes concernées et admissibles à aller passer leur mammographie. 

Elles sont assurées d’obtenir un rendez-vous dans les trois à huit semaines suivant leur appel, même pendant la troisième vague. «Les plages sont disponibles», insiste Lucie Opatrny.

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