Shinzo Abe était «un proche ami» du Canada, dit Justin Trudeau

OTTAWA — L’assassinat du premier ministre ayant servi le plus longtemps au Japon pendant un discours de campagne a horrifié le premier ministre Justin Trudeau, qui demande une réponse à la violence et aux menaces croissantes dans le monde qui nuisent à la démocratie.

M. Abe a été assassiné plus tôt dans la journée par un homme armé qui l’a atteint par-derrière alors qu’il prononçait un discours de campagne dans l’ouest du Japon – une attaque qui a stupéfié le pays qui a certaines des lois les plus strictes en matière de contrôle des armes à feu.

Shinzo Abe, 67 ans, qui était le dirigeant du Japon ayant servi le plus longtemps lorsqu’il a démissionné en 2020, s’est effondré et a été transporté par avion vers un hôpital voisin de Nara, mais il ne respirait pas et son cœur s’était arrêté. Il a été déclaré mort après avoir reçu des transfusions sanguines massives, ont indiqué des responsables.

M. Trudeau, qui s’est retrouvé plusieurs fois aux côtés de M. Abe à la table du G7 et celle du G20, a décrit le leader japonais comme un «proche ami» du Canada.

«J’ai connu Shinzo pendant plusieurs années, a dit M. Trudeau. C’était un leader sérieux, bienveillant et fort, qui comprenait l’importance du service, comprenait l’importance de bâtir un monde meilleur, de meilleures chances pour ses citoyens.»

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui assistait à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 en Indonésie, a déclaré qu’elle avait exprimé les condoléances du Canada au ministre japonais des Affaires étrangères, Yoshimasa Hayashi.

M. Trudeau a déclaré que l’attaque était aggravée par le fait qu’elle est survenue pendant que M. Abe faisait campagne, pour des élections à la chambre haute du Parlement japonais prévues la semaine prochaine. Il a déclaré que tout le monde devait se réengager à suivre «les valeurs et les principes de la démocratie», qui permettent de grands débats et une diversité des points de vue, mais sans menaces de violence et d’intimidation.

Les risques pour la sécurité ont augmenté en politique canadienne dans les dernières années, comme on a pu le remarquer lors de la campagne fédérale, l’automne dernier, lorsque les menaces à l’endroit de Justin Trudeau ont été telles que son équipe de sécurité a été élargie.

La cheffe conservatrice par intérim, Candice Bergen, a déclaré par communiqué que la période où il a été au pouvoir «a été déterminante pour le renforcement des relations entre le Canada et le Japon».

«Son héritage est celui d’un engagement envers la prospérité et la sécurité régionales, qui se traduit par des traités comme l’Accord global et progressif de partenariat transpacifique dont le Canada et le Japon sont signataires.»

Dans un communiqué publié par la Maison-Blanche, le président américain Joe Biden s’est dit «stupéfait, indigné et profondément attristé d’apprendre que mon ami Shinzo Abe, ancien premier ministre du Japon, a été tué par balle pendant sa campagne».

«Avant tout, (M. Abe) se souciait profondément du peuple japonais et a consacré sa vie à son service. Même au moment où il a été attaqué, il était engagé dans le travail de la démocratie. Bien qu’il y ait de nombreux détails que nous ne connaissons pas encore, nous savons que les attaques violentes ne sont jamais acceptables et que la violence armée laisse toujours une profonde cicatrice sur les communautés qui en sont affectées. Les États-Unis sont aux côtés du Japon en ce moment de deuil. J’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille.»

Le chef du service des urgences de l’Université médicale de Nara, Hidetada Fukushima, a déclaré que M. Abe avait subi des dommages importants au cœur, ainsi que deux blessures au cou qui ont endommagé une artère. Il n’a jamais retrouvé ses signes vitaux, a-t-il ajouté.

La police préfectorale de Nara a arrêté le tireur présumé sur les lieux de l’attaque et l’a identifié comme étant Tetsuya Yamagami, 41 ans, ancien membre de la marine japonaise. Le diffuseur NHK a rapporté qu’il avait dit qu’il voulait tuer M. Abe parce qu’il avait des plaintes à son sujet sans rapport avec la politique.

Le premier ministre Fumio Kishida et ses ministres sont revenus à Tokyo après des événements de campagne dans tout le pays à la suite de la fusillade, qu’il a qualifiée d’«ignoble et barbare». 

– Avec des informations de l’Associated Press

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