Si le PQ forme le prochain gouvernement, Lisée veut un «Buy Québécois Act»

QUÉBEC – Un gouvernement dirigé par Jean-François Lisée adopterait sans tarder un «Buy Québécois Act», pour favoriser l’achat de produits locaux et ainsi stimuler l’économie québécoise.

Ce parti pris pour un nationalisme économique totalement assumé, avec «une politique d’achat québécois, de contenu québécois, partout où c’est possible», s’inspirera du «Buy American Act» aux États-Unis et constituerait une des priorités d’un éventuel gouvernement du Parti québécois en 2018.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a pris cet engagement dimanche, lors de son discours de clôture du conseil national de son parti, une allocution-fleuve de près de 40 minutes consacrée exclusivement à ses vues sur le nationalisme économique.

ll promet de «montrer du muscle» dès son éventuelle accession au pouvoir en 2018, tant dans ses relations avec Ottawa qu’avec les États-Unis, principal partenaire commercial du Québec.

À propos de la montée du protectionnisme au sud de la frontière, menace directe aux exportations du Québec, il dit noter que le gouvernement américain «ces dernières années, et cela va en s’accélérant, est plus affirmatif dans la défense de ses intérêts, et que si on reste les bras croisés, c’est nous qui allons en pâtir et ce n’est pas une fatalité».

La priorité donnée à l’achat local n’entre pas du tout en contradiction avec les politiques de libre-échange, a commenté plus tard en point de presse le chef péquiste, toujours en s’inspirant du modèle américain.

Un gouvernement péquiste visera notamment à accroître la part des achats publics effectués auprès de fournisseurs québécois.

La vision de M. Lisée se retrouve dans la proposition principale, base du prochain programme du parti déposée la veille, qui stipule explicitement qu’un gouvernement péquiste mettrait l’accent sur le nationalisme économique en privilégiant l’achat de produits fabriqués au Québec, notamment lors des appels d’offres publics.

La proposition principale, qui porte sur une foule de sujets, fera l’objet de débats parmi les militants au cours des prochains mois et devra être entérinée par les membres réunis en congrès national en septembre prochain à Montréal, avant de devenir le programme officiel du parti.

Réévaluer le rôle des leviers économiques

Déterminé à jouer un rôle résolument actif dans l’économie, un gouvernement péquiste réévaluerait le rôle des leviers économiques étatiques mis à sa disposition.

Il verrait donc, par exemple, à modifier le mandat de la Caisse de dépôt et placement, pour lui ajouter celui de développer l’économie en régions, et celui de retenir les sièges sociaux d’entreprises québécoises au Québec.

Il reverrait aussi le mandat du Fonds des générations, qui deviendrait lui aussi un levier économique grâce aux milliards mis de côté depuis une dizaine d’années pour rembourser la dette du Québec. Ce rôle par rapport à la dette, attribué par le gouvernement Charest en 2006 lors de la création du Fonds en vue d’assainir les finances publiques du Québec, serait cependant maintenu.

Les sociétés d’État seraient également mises à contribution pour stimuler la croissance économique. Ainsi, la Société des alcools (SAQ) aurait le mandat de vendre la marijuana, sitôt légalisée par Ottawa.

M. Lisée s’engage aussi à miser sur l’essor des PME pour assurer le développement économique, notamment en diminuant les contraintes bureaucratiques.

Un gouvernement Lisée réclamerait aussi sa «juste part» des investissements fédéraux à travers le pays, grâce à un nouveau rapport de forces Québec-Ottawa. M. Lisée calcule que si le Québec recevait sa «juste part» d’Ottawa, il compterait sur 4 milliards $ de plus par an qui permettraient de créer quelque 35 000 emplois.

On promet en parallèle de lutter contre les paradis fiscaux, en s’engageant à «rendre imposables les comptes aux Bermudes de nos citoyens qui ont honteusement cherché à éviter l’impôt».