Signes religieux: les parents devraient faire un examen de conscience, dit la FAE

MONTRÉAL — Le président de la FAE, qui regroupe plusieurs syndicats d’enseignants, invite les parents qui demandent à ce que leurs enfants puissent avoir un enseignant qui ne porte pas de signe religieux en classe à «faire un examen de conscience».

«Ça veut dire quoi? La prochaine fois, parce qu’un prof est homosexuel, certains parents, parce que ça ne correspond pas à leurs valeurs, exigeront que le prof soit changé? Parce que ce sera une femme? Parce que ce sera un homme? C’est grave ce qui s’est passé! Je pense que les gens n’en prennent pas la mesure», s’est exclamé en entrevue avec La Presse canadienne, vendredi, le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette.

Il dit juger «inacceptable», «triste» et «pitoyable» de voir qu’on en soit rendu là.

Plus tôt cette semaine, un parent a demandé à ce que son enfant puisse avoir un enseignant qui ne porte pas de signe religieux en classe, pour respecter ainsi sa liberté de conscience. Il a reçu l’appui d’autres parents, qui ont publié une lettre ouverte, invoquant le droit à un enseignement laïque.

Sa demande a été refusée par l’école et par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, puisque les enseignants qui portaient déjà un signe religieux en classe avant le 28 mars, date du dépôt du projet de loi sur la laïcité de l’État, jouissent d’un droit acquis.

La FAE représente d’ailleurs l’enseignante en question, par l’intermédiaire de l’un de ses syndicats.

«J’invite les parents à faire un examen de conscience, parce qu’il y a là une confusion. Avoir accès à un enseignement laïque, ça ne veut pas dire que les profs qui enseignent doivent s’empêcher de porter un signe religieux quel qu’il soit, dans la mesure où le comportement reste professionnel et où il n’y a pas de tentative de convertir les élèves qui leur sont confiés», a lancé M. Mallette.

Le syndicaliste refuse d’y voir là une forme d’accommodement raisonnable demandée par des parents qui veulent que leurs convictions à eux aussi soient respectées. «Les accommodements raisonnables ont été définis par la jurisprudence. Utiliser le concept pour atteindre une fin politique, ça ne fait pas. Les parents ne peuvent pas invoquer la question des accommodements raisonnables pour justifier un motif de discrimination», a-t-il tonné.

«Ce que les parents disent, c’est qu’ils doutent de la capacité de l’enseignante à faire son travail correctement du fait qu’elle porte un signe religieux. C’est ça qui est grave!» a encore critiqué M. Mallette.

Des parents concernés ont fait savoir, jeudi, qu’ils ne lâcheraient pas prise. Ils veulent poursuivre le combat pour défendre leurs convictions.

La FAE représente 43 000 membres qui enseignent au préscolaire, au primaire et au secondaire.

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Premièrement, la FAE représente 43 000 membres, mais pas nécessairement l’opinion de tous ses membres. Ensuite, j’ai un malaise avec cette prise de position. Il me semble que c’est toujours une erreur de dire au gens ce qu’ils auraient dû penser. En clair, ce qu’on veut qu’ils pensent. Oui une loi, mais avec les yeux ouverts sur des ajustements possibles. Sinon, cette loi elle sert à qui et pourquoi? Dans ce cas, on sait que changer un enfant de classe, c’est laborieux. Une fois qu’on a dit ça, est-ce qu’on peut s’intéresser vraiment à ce que le parent demande et regarder l’ensemble ? Le droit acquis des enseignantes qui veulent porter le voile, il est acquis potentiellement pour au moins 20 ans. Elles ont été entendues et protégées. Si on garde les yeux ouverts, le voile est un signe religieux pour un bon nombre de personnes. Dans une école laïque, un parent qui voit le voile comme un signe religieux a-t-il plus tort que celle qui ne veut pas s’en défaire et qui ne veut pas non plus que les gens le voient comme un signe religieux? Est-ce qu’on doit faire peser sur ce parent et sur ceux qui partagent son opinion ou son besoin les qualificatifs utilisés pour décrire la situation: inacceptable, triste, pitoyable…Vraiment? Je ne vois pas là un dialogue responsable et bienveillant….en milieu d’éducation. Ça ne règlera rien et ça risque plutôt de polariser. Est-ce bien nécessaire? Je terminerai avec une anecdote. Il y a quelques années, dans une école primaire, à la rentrée, nous avons vécu un événement particulier. L’animatrice de pastorale qui était présente dans le milieu depuis environ 30 ans, dont les services étaient appréciés pour l’accompagnement de sorties, les fêtes et autre a été soudainement interdite à l’intérieur de l’école à l’assemblée générale puisqu’elle représentait une religion. Elle y était généralement présentée avec tout le monde, en avant, puis elle remettait aux nombreux parents qui inscrivaient leurs enfants le formulaire requis. Cette année-là, elle avait quand même eu le droit d’installer un petit bureau sur le trottoir de la porte principale, c’est mieux que sur le trottoir de la ville et le parents devaient s’adresser à elle en passant par là. La température n’était pas clémente. Les parents n’étaient pas contents. Par ailleurs, quand on arrivait vers le gymnase, on voyait plusieurs collègues voilées, alignées de plein droit. Ce jour-là on a voulu imposer à tout le monde de penser et de croire que le voile n’a rien de religieux. Ça c’est inacceptable, triste et pitoyable. Ça ne s’est pas refait l’année suivante. Un dialogue ouvert et respectueux de tous aurait permis d’éviter cette situation inhumaine. Il est sûrement possible de rectifier la situation maintenant et de rester responsables et respectables aux yeux des enfants.

Premièrement, la FAE représente 43 000 membres, mais pas nécessairement l’opinion de tous ses membres. Ensuite, j’ai un malaise avec cette prise de position. Il me semble que c’est toujours une erreur de dire aux gens ce qu’ils auraient dû penser. En clair, ce qu’on veut qu’ils pensent. Oui une loi, mais avec les yeux ouverts sur des ajustements possibles. Sinon, cette loi elle sert à qui et pourquoi? Dans ce cas, on sait que changer un enfant de classe, c’est laborieux. Une fois qu’on a dit ça, est-ce qu’on peut s’intéresser vraiment à ce que le parent demande et regarder l’ensemble ? Le droit acquis des enseignantes qui veulent porter le voile, il est acquis potentiellement pour au moins 20 ans. Elles ont été entendues et protégées. Si on garde les yeux ouverts, le voile est un signe religieux pour un bon nombre de personnes. Dans une école laïque, un parent qui voit le voile comme un signe religieux a-t-il plus tort que celle qui ne veut pas s’en défaire et qui ne veut pas non plus que les gens le voient comme un signe religieux? Est-ce qu’on doit faire peser sur ce parent et sur ceux qui partagent son opinion ou son besoin les qualificatifs utilisés pour décrire la situation: inacceptable, triste, pitoyable…Vraiment? Je ne vois pas là un dialogue responsable et bienveillant….en milieu d’éducation. Ça ne règlera rien et ça risque plutôt de polariser. Est-ce bien nécessaire? Je terminerai avec une anecdote. Il y a quelques années, dans une école primaire, à la rentrée, nous avons vécu un événement particulier. L’animatrice de pastorale qui était présente dans le milieu depuis environ 30 ans, dont les services étaient appréciés pour l’accompagnement de sorties, les fêtes et autre a été soudainement interdite à l’intérieur de l’école à l’assemblée générale puisqu’elle représentait une religion. Elle y était généralement présentée avec tout le monde, en avant, puis elle remettait aux nombreux parents qui inscrivaient leurs enfants le formulaire requis. Cette année-là, elle avait quand même eu le droit d’installer un petit bureau sur le trottoir de la porte principale, c’est mieux que sur le trottoir de la ville et le parents devaient s’adresser à elle en passant par là. La température n’était pas clémente. Les parents n’étaient pas contents. Par ailleurs, quand on arrivait vers le gymnase, on voyait plusieurs collègues voilées, alignées de plein droit. Ce jour-là on a voulu imposer à tout le monde de penser et de croire que le voile n’a rien de religieux. Ça c’est inacceptable, triste et pitoyable. Ça ne s’est pas refait l’année suivante. Un dialogue ouvert et respectueux de tous aurait permis d’éviter cette situation inhumaine. Il est sûrement possible de rectifier la situation maintenant et de rester responsables et respectables aux yeux des enfants.

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