Les allégations soulevées par Christine Moore ne sont pas entachées, dit Singh

OTTAWA — Les allégations d’inconduite sexuelle contre Christine Moore ne minent en rien la crédibilité de celles qu’elle a elle-même soulevées à l’endroit d’autres députés au cours des dernières années, a martelé mercredi le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh.

«C’est très important de souligner que ce n’est pas du tout pertinent, a-t-il affirmé en point de presse. Le fait qu’une allégation que nous prenons au sérieux soit soulevée ne devrait en aucun cas remettre en question la crédibilité d’autres allégations. Cette idée a été appliquée trop souvent aux femmes et ce n’est pas un raisonnement valable.»

Mme Moore avait affirmé sous le couvert de l’anonymat en 2014 avoir eu une relation sexuelle «sans consentement explicite» avec le député libéral Massimo Pacetti dans la chambre d’hôtel où celui-ci logeait à Ottawa.

Elle a accepté de lever l’anonymat qui lui avait été accordé à l’époque par La Presse canadienne après que d’autres médias l’eurent identifiée mercredi.

Ces allégations avaient éventuellement mené à l’exclusion de M. Pacetti du caucus libéral. Celui-ci avait choisi de ne pas se représenter aux élections de 2015.

Mme Moore avait également accusé son collègue Erin Weir en février d’avoir harcelé plusieurs femmes. Celui-ci a été exclu par le chef Jagmeet Singh vendredi dernier après avoir fait l’objet d’une enquête indépendante. M. Singh a défendu sa décision.

«Une fois qu’un enquêteur indépendant et respecté arrive à la conclusion qu’il y a eu harcèlement et qu’ensuite une plaignante est attaquée dans les médias, c’est inacceptable (…) parce que ça ne mène pas à la réhabilitation», a-t-il soutenu.

Il maintient «qu’il faut croire les survivants» comme il l’avait déjà affirmé en février en prenant leurs allégations au sérieux et en les vérifiant.

Elle-même visée par des allégations d’inconduite sexuelle, Christine Moore a été suspendue mardi de ses fonctions parlementaires, le temps qu’une enquête soit effectuée. Cela signifie qu’elle ne pourra pas siéger à des comités parlementaires ou agir comme porte-parole de son parti.

Glen Kirkland, un ex-militaire, allègue que Mme Moore aurait eu un comportement inapproprié à son endroit en 2013 alors qu’il était vulnérable et qu’elle était en position d’autorité. Elle l’aurait suivi jusqu’à sa chambre d’hôtel en 2013 pour y passer la nuit après l’avoir incité à boire de l’alcool malgré son inconfort.

Dans une entrevue au Globe and Mail, la députée québécoise a affirmé avoir une perception complètement différente de ce qui c’était passé ce soir-là et a suggéré qu’il y avait certaines contradictions dans la version de M. Kirkland. Mme Moore n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de La Presse canadienne.

Mme Moore a participé à la réunion du caucus et à la période des questions mercredi.

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