Sipekne’katik: la pêche aux homards au Cap-Breton inquiète Ottawa

HALIFAX — La ministre fédérale des Pêches fait part de ses préoccupations au sujet de la santé du stock de homard au Cap-Breton depuis que la première nation de Sipekne’katik a lancé une pêche commerciale autoréglementée en dehors de la saison de pêche régie par le gouvernement fédéral.

Bernadette Jordan a déclaré vendredi que, bien que le gouvernement reconnaisse le droit de pêcher issu du traité des Mi’kmaq, l’ampleur de la récolte de homard dans la baie de St. Peters dépasse les propositions faites par les pêcheurs autochtones.

«Bien que les stocks de homard soient généralement en bonne santé, notre surveillance a récemment indiqué que les activités de pêche ont considérablement augmenté dans la baie de St. Peters», a déclaré la ministre dans un communiqué.

«L’ampleur et l’exploitation des activités actuelles dépassent même les propositions de pêche aux moyens de subsistance modérés des Premières Nations. Lorsqu’il y a une forte concentration de casiers dans une zone particulière, cela soulève des inquiétudes quant aux impacts localisés sur le stock.»

La pêche mi’kmaq pratiquée dans la baie, à 90 kilomètres au sud de Sydney, a été pacifique par rapport à la violence qui a éclaté en réponse à la pêche sur la baie St. Marys par la Première nation Sipekne’katik.

Les pêcheurs autochtones justifient cette pêche d’automne par une décision de la Cour suprême du Canada en 1999 qui a confirmé le droit issu du traité des Mi’kmaq de pêcher dans le but d’assurer un «moyen de subsistance convenable», quand ils le voulaient.

Toutefois, le gouvernement pourrait réglementer l’exercice du droit de pêche lorsque de telles mesures sont justifiées pour des raisons de conservation ou pour d’autres motifs

Wilbert Marshall, le chef de la Première nation de Potlotek, a déclaré vendredi que sa communauté avait sept bateaux pêchant dans la baie de St. Peters et qu’il ne pense pas qu’ils causent des problèmes de conservation.

Il a toutefois déclaré qu’il était préoccupé par les activités de la Première nation voisine d’Eskasoni, et a indiqué qu’il exhortait le chef de cette grande communauté à s’assurer que ses membres ne pratiquent pas de pêches excessives. «Ce n’est pas Potlotek», a déclaré Wilbert Marshall. «Nous suivons exactement le plan. J’essaye de joindre le chef d’Eskasoni en ce moment… Ils ont trop de pièges là-bas.»

Ashton Bernard, un pêcheur de la Première nation Eskasoni qui travaille sur la baie, a déclaré vendredi dans une interview qu’il ne croyait pas que le stock de homard était menacé. «La pêche est excellente là-bas à St. Peters», a-t-il dit. «Il n’y a eu aucun déclin là-bas. C’est incroyable en ce moment.»

Ashton Bernard a ajouté que récemment des agents du ministère des Pêches avaient saisi une partie de son équipement, mais sinon, a-t-il expliqué, il n’y a pas eu beaucoup de mesures d’application de la loi dans la région.

Le pêcheur mi’kmaq a déclaré que si la ministre Jordan souhaitait arrêter la pêche, elle devrait également empêcher les pêcheurs non autochtones de pêcher le homard dans la région.

Bernadette Jordan a déclaré que si les agents déterminent qu’une activité n’est pas durable, ils «ont la responsabilité d’agir afin de préserver les zones côtières et les ressources du Canada».

«Si les agents des pêches craignent que la pêche excessive ait un impact négatif sur la durabilité à long terme du stock de homard, ils devront prendre des mesures, quelle que soit la personne qui pêche», a déclaré le ministre.

«Laissons les officiers faire leur travail. Nous ne voulons pas aggraver les tensions, mais plutôt nous assurer que toute pêche est menée de manière sûre, ordonnée et durable.»

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