Six adolescents accusés de distribution de pornographie juvénile en N.-É.

BRIDGEWATER, N.-É. – Six élèves de la Nouvelle-Écosse ont été accusés au criminel pour avoir partagé en ligne des images intimes d’une vingtaine d’adolescentes, sans leur consentement.

Selon la police, les six accusés — quatre de 15 ans et deux autres de 18 ans — fréquentaient tous l’école secondaire de Bridgewater, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d’Halifax. La majorité des victimes présumées fréquentaient aussi la même école.

Les six garçons font face à des accusations de distribution sans consentement d’images intimes, de même que de possession et de distribution de pornographie juvénile. Les garçons, qui étaient tous mineurs au moment des faits allégués, ont été remis en liberté provisoire et ils devront comparaître en Cour provinciale de la jeunesse le 17 août, à Bridgewater.

Selon le chef de la police de Bridgewater, John Collyer, les accusations, déposées après un an d’enquête, sont liées à la nouvelle loi adoptée par le gouvernement fédéral en 2013 pour lutter contre la cyberintimidation, après la mort tragique de l’adolescente Rehtaeh Parsons, de la Nouvelle-Écosse. La loi est entrée en vigueur en mars 2015.

La jeune fille de 17 ans s’était suicidée après que la photo montrant son viol, selon sa famille, a commencé à circuler à son école, sur les médias sociaux.

Dans le cas des six adolescents accusés vendredi, les faits ne se seraient pas produits à l’école, même si c’est la direction de l’établissement qui a prévenu la police. Après la saisie d’appareils électroniques — surtout des téléphones cellulaires —, une équipe spécialisée de la Gendarmerie royale du Canada a obtenu du FBI certains renseignements d’une entreprise américaine de service de partage de fichiers, Dropbox, en vertu d’un traité international.

Selon le chef Collyer, le mobile du crime ne serait pas l’argent — mais peut-être l’ignorance, ou la pression des pairs. «Nous essayons de faire passer le message, mais les jeunes vivent dans l’instant présent, et ils oublient parfois qu’une fois (une image) publiée, électroniquement, elle y restera.»