Six provinces ont haussé leur salaire minimum le 1er octobre

Les travailleurs canadiens qui gagnent le salaire minimum dans six provinces voient maintenant leur chèque de paie augmenter. 

L’Ontario, la Saskatchewan, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador ont augmenté leur salaire minimum le 1er octobre. 

Cette vague d’augmentations salariales survient alors que le coût de la vie grimpe en flèche, l’inflation annuelle au Canada ayant atteint un sommet de près de 40 ans au cours des derniers mois. 

Plusieurs provinces ont prévu des augmentations de salaire supplémentaires au cours des mois et des années à venir, plusieurs dans le but d’augmenter le salaire minimum à 15 $ par heure — si elles n’ont pas déjà atteint ce seuil, comme c’est le cas en Ontario, en Alberta, en Colombie-Britannique et dans les trois territoires. 

Des groupes de travailleurs affirment que des hausses du salaire minimum se faisaient attendre depuis longtemps, mais ils ajoutent que l’objectif, longtemps défendu, d’un plancher salarial de 15 $ par heure dans tout le pays ne va plus assez loin pour résoudre la crise de l’abordabilité. 

«Nous réclamons un salaire minimum de 15 $ l’heure depuis tant d’années que maintenant, ce n’est plus suffisant», a expliqué la présidente du Congrès du travail du Canada, Bea Bruske. 

«Il faut vraiment que ce soit 20 $ de l’heure ou plus quand on regarde l’inflation et le coût de la nourriture et du logement.» 

Hailie Tattrie, une organisatrice du groupe Justice for Workers Nova Scotia, a décrit l’augmentation de salaire comme «absolument nécessaire», mais a ajouté que ce n’était «pas suffisant». 

«Nous voyons des gens en difficulté à travers le pays, a-t-elle expliqué. Une petite augmentation de salaire ne va pas aider.» 

Son organisation s’appelait autrefois «Fight for $15» («la Lutte pour 15 $», en traduction libre). Mais au cours de la dernière année et demie, la direction s’est rendu compte que «15 $ ne suffisaient plus», a-t-elle indiqué. 

Entre-temps, les groupes d’entreprises affirment que les hausses du salaire minimum arrivent à un moment difficile puisque leurs membres luttent toujours pour se remettre des fermetures pandémiques. 

«Moins de la moitié des petites entreprises ont retrouvé des niveaux de ventes normaux», a observé le président et chef de la direction de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Dan Kelly. 

«La petite entreprise moyenne a contracté une dette de 160 000 $ liée à la COVID et ses coûts ont augmenté rapidement. À l’heure actuelle, toute augmentation des coûts pour les entreprises est vraiment difficile à gérer.» 

Les entreprises réagiront probablement à des salaires plus élevés en augmentant les prix ou en réduisant les heures d’ouverture, a-t-il prévenu. 

«Nous savons que les gouvernements subissent des pressions pour augmenter le salaire minimum (…), mais ils devraient trouver d’autres moyens d’alléger le fardeau des entreprises, a estimé M. Kelly. Nous exhortons les gouvernements à envisager de geler les cotisations (d’assurance-emploi).» 

Le directeur des prévisions économiques au Conference Board du Canada, Ted Mallett, a estimé que les augmentations du salaire minimum devraient être automatiques pour les rendre plus prévisibles pour les travailleurs et les entreprises. 

Certains groupes ont suggéré d’indexer le salaire minimum à l’inflation, mais M. Mallett croit que les provinces devraient plutôt envisager de fixer le salaire minimum des adultes à 50 % du revenu moyen. 

«Généralement, les salaires augmentent plus vite que l’inflation, c’est pourquoi le niveau de vie augmente. Nous suggérons donc d’indexer (le salaire minimum) sur les revenus moyens au lieu des augmentations de prix (…), car cela augmenterait davantage la capacité de gain au fil du temps.» 

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.