Sommet des Amériques: la Barbade veut que «le monde voit» la crise climatique

LOS ANGELES — La première ministre de la Barbade plaide la cause des nations insulaires qui doivent affronter une «triple crise» depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Mia Mottley affirme que la Barbade doit affronter les terribles impacts des changements climatiques en plus de gérer la pandémie de COVID-19 et de jongler avec l’inflation sur les prix du carburant et des aliments.

La première ministre Mottley a fait ces commentaires avant le début d’une rencontre bilatérale avec le premier ministre canadien Justin Trudeau à Los Angeles.

Elle a dit avoir hâte de travailler sur des objectifs de développement durable avec le Canada et a remercié M. Trudeau pour le rôle qu’a joué l’État canadien dans la croissance de son pays.

Mme Mottley a dit vouloir s’assurer que le monde entier voit les nations insulaires au cours du Sommet des Amériques qui se déroule cette semaine et qu’il reconnaisse l’ampleur du marasme dans lequel ces pays se trouvent.

Pour sa part, Justin Trudeau a reconnu que la pandémie avait ralenti significativement les efforts mondiaux pour soutenir les pays en développement dans l’atteinte de leurs objectifs économiques et sociaux.

«Nous avons affronté une triple crise au cours des dernières années», a dit la première ministre Mottley lors d’une séance photo avec M. Trudeau.

Plus spécifiquement, elle a parlé d’une «crise existentielle» du climat, de la COVID-19 et de l’inflation galopante provoquée par la pandémie et aggravée par l’invasion de l’Ukraine par le régime de Vladimir Poutine.

De plus, Mme Mottley a fait mention d’un autre grave problème, soit celui de la résistance antimicrobienne dans sa région du monde. Cela a pour conséquence de rendre les médicaments et les traitements inefficaces, entraînant la mort de 1,2 million de personnes chaque année.

«On ne s’attend pas à ce que les choses changent immédiatement, mais on s’attend à l’équité, à de la transparence, on s’attend simplement à ce que, tout comme nous voulons voir des gens ici, nous voulons être vus, compris et écoutés en retour», a-t-elle demandé.

Justin Trudeau devait présider une table ronde plus tard mercredi avec un groupe de dirigeants d’Amérique latine et des Caraïbes pour parler de changements climatiques, de défense des valeurs démocratiques et de promotion de l’égalité des genres.

La Barbade, le Bélize, le Chili, l’Équateur et la Jamaïque devaient prendre part à la table ronde.

Justin Trudeau a aussi rencontré le président de General Motors International, Shilpan Amin, pour discuter de véhicules électriques, de cibles dans la lutte pour le climat et de mesures pour stimuler la croissance économique.

À Ottawa, le ministre de l’Innovation, François-Philippe Champagne, a déclaré qu’il serait bien utile aux peuples de l’hémisphère que les pays fassent plus ensemble pour améliorer l’intégration économique et les possibilités d’exportation.

«Je pense que c’est une zone économique où le Canada peut jouer un rôle de premier plan avec les Caraïbes, avec l’Amérique centrale, avec l’Amérique du Sud», a déclaré M. Champagne en se rendant à une réunion du caucus libéral.

Joe Biden et Justin Trudeau se rencontreront en fin de journée, lorsque le président américain accueillera toutes les délégations lors de la cérémonie d’ouverture officielle de ce 9e Sommet des Amériques.

Mardi, M. Trudeau et la ministre de la Défense nationale, Anita Anand, ont visité le complexe militaire de «Cheyenne Mountain», centre de commandement fortifié qui abrite une partie du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (Norad).

Les deux pays conviennent que le Norad, seul système de défense binational de ce type dans le monde, aurait grandement besoin d’améliorations s’il veut contrer les menaces modernes d’agresseurs potentiels comme la Russie et la Chine. Mais ni M. Trudeau ni Mme Anand n’offrent d’indices sur le type d’échéancier qui pourrait être impliqué dans cette modernisation.

La ministre Anand a seulement indiqué qu’«un certain nombre d’initiatives» sont sur la table et qu’un plan de modernisation serait à venir «sous peu» — un message qu’elle livre depuis des mois.

M. Trudeau et Mme Anand, aux côtés des commandants américain et canadien du Norad, ont rencontré le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, dans une salle de conférence ornée d’images d’avions de chasse et d’insignes militaires.

Par la suite, le premier ministre a présenté la responsabilité partagée au Norad comme l’illustration parfaite de la relation unique entre le Canada et les États-Unis.

«Nous assistons à une époque où le monde évolue rapidement», a déclaré M. Trudeau – une référence à l’agression de Vladimir Poutine en Ukraine, ainsi qu’à la perspective de développement d’armes hypersoniques à longue portée en Russie et en Chine.

«Qu’il s’agisse de nouvelles menaces, de nouvelles technologies ou de réalités géopolitiques changeantes, il devient d’autant plus important pour des amis et des alliés comme le Canada et les États-Unis de continuer à travailler si étroitement ensemble.»

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