Sondage: 72 % des Québécois inquiets pour la réussite des élèves

MONTRÉAL — Près des trois quarts des Québécois, soit 72 %, se disent inquiets pour la réussite des élèves, en raison de la pandémie.

Ils sont ainsi 24 % à se dire même très inquiets et 48 % à se dire assez inquiets pour la réussite scolaire des enfants, en raison des conditions d’apprentissage inhérentes à la COVID-19.

Ces données ressortent d’un sondage de la firme CROP mené en ligne auprès de 1000 Québécois, en décembre dernier, pour le compte de la Centrale des syndicats du Québec. La CSQ représente la majorité du personnel dans le milieu de l’éducation.

L’inquiétude s’est même aggravée depuis six mois, puisque la même question avait été posée en juillet et que 66 % s’étaient alors dits inquiets pour la réussite scolaire.

«L’inquiétude s’est accrue, dans les derniers mois, malgré les mesures que le gouvernement a mis en place et qui ne fonctionnent que très partiellement», a souligné la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, en conférence de presse jeudi.

«Ça fait des années qu’on sonne l’alarme, qu’on demande un réinvestissement en éducation», a lancé la dirigeante syndicale.

Dans la même veine, 77 % des Québécois se sont dits inquiets des effets de la pandémie sur le décrochage scolaire.

Conditions de travail et salaires

La consultation révèle aussi que les Québécois estiment que pour contrer la pénurie de main-d’oeuvre dans le milieu de l’éducation, il vaut mieux améliorer les conditions de travail que les salaires. 

Ils sont ainsi 63 % à appuyer la suggestion d’améliorer les conditions de travail du personnel de l’éducation, contre 20 % qui appuient plutôt une meilleure reconnaissance salariale.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) affiliée à la CSQ, Josée Scalabrini, explique cela par le fait que la population n’est pas vraiment au fait du niveau de rémunération des enseignants.

Elle souligne que les enseignants gagnent 46 000 $ au début de leur carrière et qu’au sommet de leur échelle salariale, ils touchent 86 000 $. Et cela prend de 15 à 18 ans pour arriver au sommet de l’échelle.

«Comme enseignant, on devra être pédagogue et on devra défaire les préjugés. Beaucoup de gens s’imaginent que les enseignants, ça gagne 100 000 $ et plus, et que ça a deux mois de congé l’été. Il ne faut pas juger la population là-dessus. C’est à nous d’expliquer à la population que l’enseignant, son contrat de travail, c’est 200 jours. Il est payé pour 200 jours, pas plus», a commenté Mme Scalabrini.

Éric Pronovost, de la Fédération du personnel de soutien scolaire, souligne que dans son domaine, le taux de précarité des emplois est de 70 %. Certains font 13, 15 heures par semaine. Plusieurs gagnent de 26 000 $ à 28 000 $ par année.

Jacques Landry, de la Fédération des professionnels de la CSQ, note pour sa part que bien des psychologues, orthophonistes et autres sont plus intéressés par le privé où ils sont nettement mieux rémunérés. L’écart peut atteindre 27 % avec le privé, a-t-il déploré.

Laisser un commentaire