Sondage du Curateur public: plus de Québécois ont un mandat d’inaptitude

MONTRÉAL – Environ 42 pour cent des Québécois adultes disposeraient d’un mandat de protection, mieux connu sous son ancien nom de mandat d’inaptitude, selon un sondage réalisé pour le compte du Curateur public.

Ce mandat prévoit la désignation d’une ou de plusieurs personnes pour s’occuper de soi et gérer ses biens si l’on devient inapte à la suite d’un accident ou d’une maladie, par exemple.

Ce sondage, dévoilé mardi par le Curateur public au cours d’une conférence de presse à Montréal, révèle ainsi une progression de six points de pourcentage par rapport à une précédente enquête, qui datait de 2010. Un autre sondage réalisé en 2006 avait révélé la même proportion de 36 pour cent.

Normand Jutras, curateur public, y voit une bonne nouvelle, puisque les gens lui semblent davantage sensibilisés à la chose. Il attribue cette progression à plusieurs facteurs, comme ses campagnes de publicité et le vieillissement global de la population.

Le débat qui a cours depuis quelques années sur les soins de fin de vie pourrait également avoir contribué à cette plus grande conscience des gens, a-t-il admis.

Comme on pourrait s’y attendre, la proportion de gens qui ont rédigé un tel mandat grimpe avec l’âge. Dans la catégorie des 55 ans et plus, ce sont 67 pour cent des citoyens qui affirment avoir un tel mandat. Mais chez les jeunes de 18 à 34 ans, ce ne serait que 14 pour cent.

De façon générale, 14 pour cent des gens interrogés ont dit qu’ils s’apprêtaient à faire leur mandat et 25 pour cent qu’ils en feraient un, sans préciser de moment.

Les raisons invoquées pour préparer un mandat de protection sont principalement la prudence et éviter des problèmes financiers.

Dans le mandat proprement dit, les répondants les plus souvent désignés sont le conjoint (43 pour cent), les enfants (42 pour cent), puis les frères et soeurs (20 pour cent). Plus d’une personne peut être désignée et il est préférable d’envisager aussi des remplaçants, a noté M. Jutras.

Le testament, par contre, est plus populaire, puisque 58 pour cent des gens en auraient rédigé un.

M. Jutras souligne cette disparité: «ce que je trouve particulier, c’est que les Québécois sont plus soucieux de leurs biens quand ils vont décéder que de ce qu’il arrive de leur personne et de leurs biens alors qu’ils sont encore vivants, mais qu’ils deviennent inaptes».

Il avance toutefois une explication: le testament existe depuis 1866, alors que le mandat de protection est moins connu et n’existe que depuis 1990.

M. Jutras précise qu’un formulaire de mandat de protection est disponible sur le site Web du Curateur public.

Le sondage a été réalisé auprès de 1000 répondants adultes en décembre 2015 par la firme Bip. Il comporte une marge d’erreur de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.