Sondage: Trump fait face à un profond pessimisme à quelques semaines de l’élection

WASHINGTON — Moins de sept semaines avant le jour des élections, la plupart des Américains sont profondément pessimistes quant à la direction que prend le pays et sceptiques quant à la gestion par le président Donald Trump de la pandémie de COVID-19.

Environ 7 Américains sur 10 pensent que le pays est sur la mauvaise voie, selon un nouveau sondage de l’Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research. C’est une évaluation qui pose un défi pour Donald Trump au moment où il exhorte les électeurs à garder le cap et à lui accorder quatre années supplémentaires au pouvoir au lieu de confier les rênes de la présidence au démocrate Joe Biden.

L’argumentaire de M. Trump à l’endroit des électeurs repose en partie sur la persuasion des Américains que la pandémie retraite après avoir causé la mort de près de 200 000 personnes aux États-Unis. Pourtant, seulement 39% des Américains approuvent la façon avec laquelle M. Trump gère la situation de la COVID-19.

La plupart des Américains ont une opinion plus favorable des responsables de la santé que du président républicain comme ce fut le cas tout au long de la pandémie. Soixante-dix-huit pour cent disent avoir une certaine ou une grande confiance envers les Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC), à la pointe de l’élaboration de recommandations sur la façon dont les Américains peuvent au mieux se protéger contre le coronavirus.

Tout de même, la Maison-Blanche a cherché à plusieurs reprises à exercer plus de contrôle sur les CDC. Et mercredi, M. Trump a publiquement coupé l’herbe sous le pied du directeur des CDC, Robert Redfield, sur deux questions cruciales: le calendrier probable pour la disponibilité des vaccins et l’efficacité du port d’un couvre-visage.

M. Redfield a déclaré aux législateurs qu’un vaccin — s’il était approuvé, et aucun ne l’a été à ce point — ne serait probablement pas largement disponible pour les Américains avant au moins le milieu de l’année prochaine. M. Trump a contesté cette affirmation, déclarant qu’un vaccin pourrait commencer à être déployé dès le mois prochain — juste avant l’élection présidentielle — et être largement disponible peu de temps après.

M. Trump était également en désaccord avec M. Redfield à propos du masque, que le président dit qu’il soutient, mais qu’il porte rarement. M. Redfield a déclaré aux législateurs que le port d’un masque offre «une plus grande assurance d’être protégé contre la COVID-19 que lorsque l’on reçoit un vaccin contre la COVID-19». C’est tout le contraire, a déclaré le président.

À la suite de la réprimande publique et d’un appel privé avec M. Trump, M. Redfield a tenté de revenir sur certaines de ses déclarations, affirmant que les questions lors de l’audience au Congrès n’étaient pas claires.

Un pari risqué pour Trump

Par ses paroles et ses actions, M. Trump essaie de plus en plus de donner l’impression que le pays a surmonté la situation de la COVID-19 et peut passer à autre chose. Il voyage régulièrement à travers le pays pour les événements de la campagne, s’adressant à des foules entassées. Bien qu’il ait largement organisé des événements en plein air tout au long de l’été, il a été au coeur de deux grands événements dans des lieux intérieurs au cours du week-end. Les responsables de la santé publique affirment que les taux de transmission sont plus élevés à l’intérieur qu’à l’extérieur.

M. Trump dit à propos de la pandémie: «Je crois vraiment que nous tournons le coin, et je le crois fermement.»

Dans l’ensemble, la cote d’approbation de Donald Trump se situe à 43%, tout à fait dans la fourchette étroite qu’elle a connue tout au long de son premier mandat, et légèrement supérieure à ce qu’elle était au début de l’été. Le président est soutenu par 86% des républicains, bien qu’un pourcentage un peu plus faible des électeurs du «GOP» — 75% — appuie sa gestion de la pandémie.

Les évaluations de l’état de la pandémie sont nettement divisées selon des critères partisans. Quatre-vingt-trois pour cent des démocrates se disent au moins quelque peu préoccupés par le virus, comparativement à 55% des républicains.

Tout de même, ces résultats montrent les risques pour Donald Trump de minimiser le virus au cours des dernières semaines de la campagne, étant donné le nombre d’Américains —dont beaucoup dans son propre parti —qui considèrent toujours la COVID-19 comme une menace.

M. Biden a promis de donner la priorité aux avis des responsables de la santé publique s’il remporte l’élection, allant jusqu’à dire qu’il serait disposé à confiner à nouveau les États si telle était la recommandation des conseillers en santé. L’ancien vice-président porte également régulièrement un masque et a largement limité ses déplacements de campagne à de petits événements respectant la distanciation physique.

Le sondage AP-NORC auprès de 1108 adultes a été mené du 11 au 14 septembre en utilisant un échantillon tiré du panel probabiliste AmeriSpeak de NORC, qui est conçu pour être représentatif de la population américaine. La marge d’erreur pour tous les répondants est de plus ou moins quatre points de pourcentage.

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