Sonia LeBel passe à la CAQ pour que la poussière ne tombe pas sur la CEIC

MONTRÉAL – L’ancienne procureure en chef de la Commission Charbonneau, Sonia LeBel, a confirmé mardi qu’elle devenait directrice adjointe du cabinet de François Legault, de la CAQ, affirmant qu’elle voulait ainsi empêcher que les travaux de la commission tombent dans l’oubli.

Elle a rencontré la presse, mardi à Montréal, aux côtés du chef de la Coalition avenir Québec.

Faisant directement référence à son travail à la Commission d’enquête sur l’industrie de la construction, Mme LeBel a lancé: «c’est important que le travail que nous avons accompli ne tombe pas dans l’oubli; c’est important que la poussière ne retombe pas sur cette page de notre histoire qu’on a tous vécue ensemble; c’est ça qui motive ma décision» de faire le saut à la CAQ.

«J’ai décidé de me rapprocher de la politique, ce qui n’est pas nécessairement naturel pour moi. Je pense toutefois que c’est la bonne façon pour moi de continuer à contribuer à cette lutte contre la corruption, qui a été amorcée depuis quelques années», a ajouté Mme LeBel.

Ni elle ni M. Legault n’ont exclu qu’elle devienne éventuellement candidate de la CAQ en vue des prochaines élections, en 2018.

«Je ne me présente pas comme candidate ce matin; il est beaucoup trop tôt pour moi à ce stade-ci pour prendre une telle décision», a-t-elle affirmé.

M. Legault a renchéri: «c’est trop tôt pour en discuter. Évidemment, c’est un souhait que j’ai et elle ne l’exclut pas, mais il est trop tôt pour répondre à cette question».

Le chef de la CAQ attend néanmoins des recommandations de sa nouvelle recrue. «Pour l’instant, il reste 19 mois avant la prochaine élection, donc elle va être directrice adjointe de cabinet. Elle a aussi un mandat de nous faire des propositions pour lutter contre la corruption», a-t-il précisé.

Mme LeBel, qui a aussi été pendant 25 ans procureure de la Couronne, entend s’intéresser entre autres à la question du financement de la CAQ et du financement des partis politiques de façon plus large — une question qui avait été longuement abordée par la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.

Elle a aussi précisé qu’à titre de procureure travaillant pour la commission, elle était liée par le secret professionnel, donc qu’elle ne pourrait se servir d’informations qu’elle aurait reçues pour aider politiquement la CAQ.

Son passage à la CAQ n’est pas sans rappeler celui de l’ancien directeur de l’Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, auparavant policier de carrière et directeur du Service de police de la ville de Montréal, qui avait été député caquiste de Saint-Jérôme.