Sonia LeBel vertement critiquée pour avoir effacé des textos échangés avec le fédéral

QUÉBEC — Sonia LeBel jure ne pas avoir supprimé «délibérément» des textos échangés avec son vis-à-vis fédéral au cours des quatre dernières années.

La présidente du Conseil du trésor et ministre responsable des Relations canadiennes a été vertement critiquée à l’Assemblée nationale, jeudi.

Les partis d’opposition lui ont reproché son manque de sérieux et de rigueur, après que Radio-Canada eut révélé la disparition de sa correspondance avec le ministre fédéral Dominic LeBlanc.

«Je l’aime bien, Sonia LeBel, mais là-dessus elle l’a échappé, beaucoup», a martelé en point de presse le député du Parti libéral du Québec (PLQ) Marc Tanguay. 

«J’espère qu’il n’y en a pas d’autres ministres du gouvernement qui transigent, établissent des relations et communiquent de façon officielle avec leurs homologues par textos. Ça ne se fait pas», a-t-il tranché. 

Alexandre Leduc, de Québec solidaire (QS), s’est également étonné que la ministre n’ait pas écrit plus de lettres officielles pour laisser des traces.

«Quand on négocie de nouveaux pouvoirs pour le Québec, puis que ça se fait uniquement par texto, c’est un peu étonnant», a-t-il affirmé.

La députée du Parti québécois (PQ) Véronique Hivon a dénoncé la «très grande superficialité» et le «pathétisme» de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans ses relations avec le Canada.

Elle a noté que les demandes de la CAQ concernant la déclaration de revenus unique, les transferts en santé et l’immigration avaient toutes été refusées.

«Elle ne garde même pas les textos. Est-ce que c’est parce qu’ils sont trop gênants? Est-ce que c’est parce que c’est trop humiliant? Est-ce parce qu’il y a un seul mot, qui est n-o-n, dans les textos?» a demandé Mme Hivon.

Piquée au vif, Mme LeBel a accusé la députée de Joliette de manquer de hauteur.

«Ce qu’elle tente d’insinuer, M. le Président, c’est que j’ai détruit délibérément ces textos pour ne pas qu’on les voit. Ce n’est pas le cas», a déclaré Mme LeBel au Salon bleu, jeudi.

«Il y a plusieurs façons d’échanger avec le gouvernement fédéral, que ce soit par la question administrative, les cabinets, les sous-ministres (…) et elle le sait pertinemment bien», a-t-elle ajouté.   

La ministre a dit trouver «odieux» les propos de Véronique Hivon, une députée très respectée qui ne se représentera pas aux prochaines élections. 

«Je trouve déplorable que ma collègue choisisse de terminer sa carrière à l’Assemblée nationale de cette façon-là», a-t-elle dénoncé, ce qui a provoqué de hauts cris des banquettes de l’opposition.

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