Soudan: les manifestants lancent une grève pour faire fléchir les généraux

KHARTOUM, Soudan — Les leaders des manifestations prodémocratie au Soudan ont lancé une grève générale de deux jours, mardi, pour réclamer le transfert du pouvoir à une autorité civile après le renversement du dictateur Omar el-Béchir en avril.

La grève intervient alors que les pourparlers entre les manifestants et le conseil militaire, qui assume la gouvernance du pays après l’éviction d’El-Béchir, sont dans l’impasse.

Les deux parties sont divisées sur la composition et la direction d’un conseil souverain qui dirigerait le pays pendant une période de transition de trois ans.

Les manifestants exigent une «représentation militaire limitée» au sein du conseil, mais les chefs militaires refusent de renoncer au pouvoir.

Wajdi Saleh, qui participe aux négociations au nom du mouvement prodémocratie, a déclaré qu’ils avaient décidé de déclencher la grève après la suspension des négociations avec les militaires. Les manifestants avaient auparavant menacé de lancer une campagne de désobéissance civile si les généraux n’acceptaient pas leurs exigences.

«Ils ont refusé toutes nos propositions», a déclaré M. Saleh lors d’une conférence de presse à Khartoum, lundi soir. «Si nous n’atteignons pas nos objectifs, nous utiliserons l’arme civile à travers une grève générale et la désobéissance civile.»

«Nous n’avons rien d’autre», a-t-il ajouté.

L’Association des professionnels soudanais, qui est le fer de lance des manifestations depuis la fin de l’année dernière, a exhorté les gens à se présenter au travail mardi et mercredi, mais à s’abstenir de toute activité.

Les employés de l’aéroport international de Khartoum se sont joints à la grève.

Des séquences vidéo et des photos diffusées en ligne montraient des images de terminaux aéroportuaires vides ainsi que d’agents de bord brandissant des affiches à l’extérieur de l’aéroport.

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