Spiderman et Ant-Man combattent les phobies

MONTRÉAL — À la liste des pouvoirs des superhéros Spiderman et Ant-Man, ajoutons maintenant celui de pouvoir combattre les phobies.

Des chercheurs israéliens rapportent en effet dans les pages du journal médical Frontiers in Psychiatry que les symptômes des patients souffrant d’arachnophobie (la phobie des araignées) et de myrmécophobie (la phobie des fourmis) s’étaient atténués de 20 pour cent après avoir visionné un extrait de sept secondes de ces films, comparativement à ce qu’ils ressentaient avant le visionnement.

Les chercheurs des universités Ariel et Bar-Ilan ont aussi constaté que le visionnement d’un extrait de sept secondes de la scène d’ouverture commune à tous les films Marvel ou encore d’une scène de nature de sept secondes n’avait aucun impact sur la phobie.

Ils en concluent que l’exposition aux fourmis et aux araignées dans le contexte des films est responsable de la réduction observée, et non le plaisir que procurent les films d’action ou encore le calme d’une scène de nature.

«Ça paraît surprenant à première vue, mais quand on regarde l’essence de ce qu’on fait en thérapie avec les gens qui ont des phobies, c’est de les amener à s’approcher tranquillement de l’objet qu’ils craignent», a rappelé Geneviève Belleville, qui enseigne à l’École de psychologie de l’Université Laval.

Il n’est en effet pas nouveau pour les thérapeutes de désensibiliser leurs patients à l’objet de leurs phobies en leur présentant des images ou des mises en situation. Dans le cas de cette étude, les chercheurs ont par exemple choisi un extrait de sept secondes de Spiderman qui montre ce qui semble être une véritable araignée se promenant dans une toile.

Si les fourmis sont passablement présentes dans le film Ant-Man, il n’en est pas de même pour les araignées dans Spiderman. Ce n’est donc pas vraiment la présence des deux superhéros qui explique l’effet constaté.

«Il ne faudrait pas tirer de cette étude-là qu’on va traiter la phobie des araignées en allant voir les films de Spiderman», a dit Mme Belleville en riant.

Elle souligne aussi que l’effet sur la mesure de la phobie est très modeste et que les chercheurs ont été en mesure de le détecter parce qu’ils avaient recruté plus de 400 personnes pour participer à leur étude.

«Ça ne révolutionne pas grand-chose, mais c’est amusant et je pense que ça donne aux psychologues (…) et aux patients une vision plus positive du traitement, a estimé Mme Belleville. On peut utiliser des objets normalement de divertissement à des fins thérapeutiques.»

«Au-delà des plans de traitement que nous avons, je pense que tout l’art de la psychothérapie est dans l’application créative en fonction des caractéristiques des gens que nous avons devant nous. Une étude comme ça nous donne des idées (…) pour intéresser les gens à adhérer davantage à nos recommandations.»

Les chercheurs israéliens, deux psychologues qui sont de grands amateurs des superhéros de Marvel, examineront maintenant comment on pourrait utiliser cet univers pour soulager le trouble de stress post-traumatique.

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