L’économie canadienne a évité une contraction pendant le mois de mai

OTTAWA — L’économie canadienne est restée stable en mai, la croissance ayant ralenti alors que les entreprises continuaient de faire face à des contraintes d’approvisionnement et à une hausse des taux d’intérêt, et des économistes préviennent que le cycle actuel de hausse des taux d’intérêt devrait se poursuivre à l’automne. 

Le produit intérieur brut (PIB) réel du pays est demeuré inchangé en mai, après avoir enregistré une expansion de 0,3 % en avril, a indiqué vendredi Statistique Canada. 

La croissance des industries productrices de services a été contrebalancée par une baisse des industries productrices de biens, a précisé l’agence fédérale. 

L’économiste en chef adjoint de la Banque Royale, Nathan Janzen, a souligné que l’économie se heurtait à des contraintes de capacité de production à long terme, en partie à cause de la pénurie de main-d’œuvre persistante. 

«Nous nous attendons à ce que la croissance ralentisse, mais cela s’explique en partie par le fait que l’économie actuelle est incroyablement forte», a estimé M. Janzen, notant que la reprise économique après la pandémie avait été beaucoup plus rapide que prévu. 

Une estimation préliminaire du PIB pour le deuxième trimestre laisse entrevoir une croissance annualisée de 4,6 %, alors que celle-ci a été de 3,1 % pendant les trois premiers mois de l’année. 

Après avoir subi un coup dur au début de la pandémie, le PIB réel a dépassé son niveau d’avant la pandémie en novembre 2021. 

«Nous avons atteint un point très fort du cycle économique, plus tôt que prévu. Mais le défi à partir de là (est) que cela ne peut pas être soutenu», a-t-il affirmé. 

La vigueur de l’économie canadienne aura des répercussions sur la prochaine décision de la Banque du Canada quant à son taux d’intérêt directeur, puisqu’elle vise à freiner la forte inflation. 

Plus tôt ce mois-ci, la banque centrale a relevé son taux directeur d’un point de pourcentage complet, lui faisant connaître sa plus forte hausse unique en plus de 20 ans. 

Nouvelle hausse «surdimensionnée» en vue? 

L’économiste Andrew Grantham, de la Banque CIBC, a estimé qu’une solide croissance annualisée au deuxième trimestre aurait pour effet d’augmenter la probabilité que la Banque du Canada aille de l’avant avec une nouvelle hausse de taux surdimensionnée en septembre. 

«Cette croissance solide, combinée aux détails des données d’aujourd’hui, qui suggèrent que les contraintes d’offre, plutôt que le ralentissement de la demande, freinent la croissance globale, signifie que la Banque du Canada est toujours sur la bonne voie pour annoncer une autre hausse de taux non standard lors de sa prochaine réunion», a fait valoir M. Grantham dans un courriel. 

La Banque du Canada fera sa prochaine annonce sur les taux d’intérêt le 7 septembre. 

La Banque Royale prévoit deux trimestres consécutifs de croissance négative l’an prochain, ce qui répondrait à la définition d’une récession technique. Cependant, M. Janzen a noté que le ralentissement devrait être modéré et compte tenu des premiers signes que les pressions mondiales sur l’inflation s’atténuent, la Banque du Canada pourrait commencer à annuler ses hausses de taux dès l’année prochaine. 

Avec une inflation annuelle à 8,1 %, son plus haut niveau en 39 ans, la banque centrale a indiqué qu’elle continuerait d’augmenter le coût de l’emprunt pour réduire la demande dans l’économie, espérant pouvoir faire baisser l’inflation sans déclencher de récession. 

M. Janzen dit s’attendre à une hausse de taux d’un demi-point de pourcentage en septembre, et croit que la Banque du Canada relèvera éventuellement son principal directeur à 3,25 % avant de commencer à renverser ses hausses. 

Selon le rapport publié vendredi par Statistique Canada, les baisses les plus importantes en mai ont été enregistrées dans les secteurs de la construction et de la fabrication, tandis que celui du transport et de l’entreposage a obtenu les gains les plus importants. 

Les grèves des travailleurs de la construction en Ontario en mai ont entraîné des retards dans les projets, a poursuivi l’agence fédérale. Cependant, l’activité de construction est restée bien au-dessus de ses niveaux d’avant la pandémie. 

La fabrication s’est contractée pour la première fois en huit mois, la construction de véhicules automobiles étant bloquée par une pénurie de puces semi-conductrices. 

Les gains dans le transport ont été stimulés par la croissance du transport aérien, qui a augmenté de 14,1 %. 

Ces résultats sont meilleurs que prévu, puisque l’estimation préliminaire de Statistique Canada suggérait que l’économie s’était contractée de 0,2 % en mai. 

Jeudi, le département américain du Commerce a indiqué que l’économie américaine avait enregistré une contraction au deuxième trimestre, comme elle l’avait fait au trimestre précédent, mais les économistes de la Banque CIBC s’attendent à ce que la croissance rebondisse pendant le reste de l’année.

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