Stéphane Roy, président de Sagami-Savoura, perd la vie dans un accident d’hélicoptère

MONTRÉAL — Le président de Sagami-Savoura, Stéphane Roy, bâtisseur du producteur maraîcher dont les marques de tomates sont bien connues des consommateurs québécois, est décédé dans l’écrasement de son hélicoptère. L’appareil dans lequel il prenait place en compagnie de son fils de 14 ans a été retrouvé jeudi à lac Valtrie au nord du Parc du Mont-Tremblant.

L’homme d’affaires dans la mi-cinquantaine et son fils étaient portés disparus depuis le 10 juillet, ce qui a donné lieu à de nombreuses opérations de recherche de la part des autorités.

«C’était un homme qui aimait l’agriculture, qui avait une vision moderne de l’agriculture. Il était un précurseur au Québec, mais bien au-delà du Québec. Son entreprise est un modèle nord-américain de culture biologique et M. Roy peut en être fier», a déclaré jeudi André Michaud, porte-parole de l’entreprise et de la famille Roy.

L’entreprise que l’on connaît aujourd’hui — qui compte neuf sites de production et dont les produits sont vendus dans les plus grandes chaînes d’alimentation au pays ainsi qu’aux États-Unis — voit le jour en 1995, lorsque M. Roy fonde Serres Nouvelles Cultures.

C’est en 2000 que le nom Sagami est donné à la production de tomates en serre dans la foulée de l’acquisition de Serres Sagami, au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Puis, en 2011, la compagnie établie à Sainte-Sophie, dans les Laurentides, se lance dans la production de tomates biologiques.

Les années suivantes donnent lieu à plusieurs acquisitions.

En 2012, Sagami prend une première bouchée de Savoura en achetant les installations de Sainte-Marthe, dans le comté de Vaudreuil-Soulanges. L’année suivante, on annonce un site de production à Mirabel et en décembre 2014, Sagami réalise l’acquisition des Serres Lacoste dans la région de Charlevoix après la fermeture du site à l’automne.

Puis, en avril 2015, Sagami met la main sur la marque Savoura à la suite de l’acquisition des actifs du promoteur de tomates Serres du Saint-Laurent, qui était en vente depuis quelques mois en raison de difficultés financières ayant mené à sa faillite.

À l’époque, la compagnie de M. Roy accueille environ 200 nouveaux employés répartis dans des installations situées à Portneuf, Danville et Saint-Étienne-des-Grès.

«Cette marque emblématique fait partie du patrimoine agricole québécois et mérite de demeurer présente sur la table des Québécois», soulignait M. Roy, dans un communiqué, lors de l’annonce de l’acquisition de Serres du Saint-Laurent.

Alors que de nombreux producteurs de tomates de serre ont jeté l’éponge après avoir éprouvé des difficultés financières au fil des années, le dirigeant de Sagami a plutôt décidé de jouer le rôle de consolidateur.

Dans une entrevue accordée au printemps 2015 au journaliste pigiste Mark Cardwell — qui a été publiée par plusieurs médias — M. Roy avait expliqué pourquoi il croyait pouvoir réussir là où plusieurs ont échoué.

«J’aime résoudre les problèmes et je suis bon pour ça, avait-il dit. C’est ma force.»

En décembre 2017, à moins d’un an de la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives au Canada, M. Roy effectue une sortie pour affirmer que son entreprise n’a pas l’intention de se lancer dans la production de marijuana.

Dans un communiqué, il souligne avoir pris cette décision «malgré les propositions de plusieurs partenaires potentiels» dans le but de «réduire de plus en plus la dépendance du Québec en fruits et légumes provenant de l’extérieur».

Selon le portrait brossé par M. Cardwell, le président de Sagami-Savoura, un machiniste de formation, a travaillé chez Canadian Vickers, à Montréal, jusqu’à l’âge de 19 ans, avant de fonder sa propre entreprise d’excavation. Retraité dans la trentaine après avoir vendu sa compagnie, il s’achète une propriété à Sainte-Sophie où se trouve une serre, ce qui pavera la voie à son arrivée dans l’industrie de la production de tomates en serre.