Subvention salariale: les conservateurs et libéraux incapables de s’expliquer

OTTAWA — Le recours à la subvention salariale continue de coller à la peau des deux partis politiques fédéraux qui ont reçu le plus de dons du public.

Lundi, tant le chef conservateur que la vice-première ministre du gouvernement libéral ont esquivé les questions relativement à l’utilisation de fonds publics pour payer les employés de leurs partis respectifs.

S’exprimant lors d’une conférence de presse en matinée, Andrew Scheer a renvoyé la question dans la cour de son successeur, estimant que ce sera à cette personne de décider de ce qu’il adviendra des sommes reçues.

«Le nouveau chef peut prendre n’importe quelle décision qu’il ou elle veut prendre pour répondre à cette question spécifique et dans une manière plus générale, pour gérer la direction du parti et les finances du parti», a déclaré M. Scheer.

Quelques heures plus tard, le Bloc québécois revenait à la charge à la Chambre des communes pour dénoncer l’utilisation de la subvention salariale par le Parti libéral du Canada.

«Il a de l’argent pour payer ses employés. Mais il ne veut pas amputer son butin qu’il a ramassé pour la prochaine élection. C’est comme s’il nous disait qu’il se finançait indirectement pour sa prochaine caisse électorale», a dénoncé la bloquiste Claude DeBellefeuille.

«Nos programmes ne font pas de discrimination. Ils sont là pour aider tous les travailleurs autour du pays», a claironné la vice-première ministre Chrystia Freeland, en guise de réponse.

Dans le cadre de ce programme, le gouvernement fédéral couvre 75 % des salaires jusqu’à un maximum de 847 $ par semaine, par employé, pour les entreprises et organisations dont les revenus ont dégringolé.

Le programme devait initialement s’appliquer à la période du 15 mars au 6 juin, mais il a été prolongé jusqu’à la fin août.

Tous les partis fédéraux, sauf le Bloc québécois, ont présenté une demande pour bénéficier de la subvention salariale pour payer leurs employés.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a dit sans détour lundi matin que son parti s’était tourné vers la subvention salariale pour payer ses employés afin d’éviter qu’ils se tournent vers la Prestation canadienne d’urgence.

«Le choix, c’était de les faire partir à cause du fait qu’on n’a pas les ressources pour les payer et puis ils auraient eu besoin de quelque chose comme la PCU (…) ou d’utiliser les subventions salariales pour le but qui était de garder les gens dans leur emploi», a-t-il dit.

M. Singh a précisé qu’il appuie la décision de son parti.

Selon les données d’Élections Canada, lors du premier trimestre de 2020, les conservateurs ont récolté 3,8 millions $ en dons, les libéraux ont amassé 2,9 millions $ et le NPD, un peu plus de 960 000 $.