Succès et échecs dans l’aide canadienne aux femmes et aux filles en Afghanistan

OTTAWA — Un examen interne de l’aide étrangère de près d’un milliard de dollars que le Canada a discrètement dépensée en Afghanistan après le retrait de l’armée canadienne a révélé des succès, mais aussi de nombreux échecs, en particulier lorsqu’il s’agit de venir en aide aux femmes et aux filles.

L’examen d’Affaires mondiales Canada couvre la période comprise entre 2014 et 2020, au cours de laquelle l’Afghanistan a bénéficié de l’aide étrangère, même après le départ des dernières troupes canadiennes et un détournement de l’attention du public.

Publié sur le site web du ministère à la fin du mois dernier, le rapport final intervient au milieu d’une autre série de pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans pour mettre fin à des décennies de combats presque continus dans le pays.

Il fait également suite à l’engagement du Canada en novembre de verser 270 millions $ supplémentaires en aide à l’Afghanistan au cours des trois prochaines années, ce qui s’ajoutera à l’aide déjà offerte par le Canada depuis 2001.

Les évaluateurs ont constaté que les 966 millions $ d’aide étrangère versés par le Canada depuis 2014 avaient été presque entièrement consacrés à l’autonomisation et au soutien des femmes et des filles afghanes, en particulier après que les libéraux eurent lancé leur politique d’aide féministe en 2017.

Ces efforts ont conduit à des progrès tangibles, notamment l’égalité des sexes dans certaines institutions afghanes, une diminution de la violence à l’égard des femmes dans certaines communautés, davantage de possibilités d’éducation pour les filles et de meilleurs services de santé.

«Les projets dans le secteur des droits et de l’autonomisation des femmes et des filles ont permis aux femmes bénéficiaires de devenir plus actives, plus confiantes et plus autonomes», ajoute-t-on dans le rapport.

Pourtant, l’examen, qui comprenait l’analyse de documents internes d’Affaires mondiales et des entrevues avec le personnel des gouvernements et des ONG canadiens, afghans et internationaux, ainsi que des Afghans touchés par les projets, a également révélé de nombreux problèmes.

Le principal d’entre eux a été l’échec à faire en sorte que les tentatives du Canada d’améliorer l’égalité entre les sexes comprennent «une compréhension plus approfondie du contexte culturel local de l’Afghanistan et de la tradition islamique». Elles ont également omis d’inclure les hommes et les garçons dans leurs programmes.

«La définition des rôles de genre était si centrale dans la société et la culture afghanes pendant cette période que tout changement planifié nécessitait non seulement une consultation avec les membres masculins du ménage, mais aussi avec la communauté dans son ensemble», indique le rapport.

Ces lacunes menaçaient de laisser la perception que l’égalité des sexes était imposée aux Afghans, note le rapport, qui ajoute: «Si elles ne sont pas gérées avec soin, les efforts d’égalité des sexes promus par les donateurs occidentaux risquent d’entraîner des réactions négatives et des préjudices.»

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