Suicide d’une adolescente au N.-B.: enquête sur les soins de crise en santé mentale

FREDERICTON — Le Défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick promet un examen approfondi des soins en cas de crise de santé mentale — et un rapport public d’ici juillet.

Norman Bossé a reçu ce mandat précis, cette semaine, de la ministre de la Santé, Dorothy Shephard, à la suite du suicide d’une adolescente de Fredericton, qui a suscité un tollé public.

La famille de Lexi Daken, âgée de 16 ans, soutient que l’adolescente s’est rendue le mois dernier à l’hôpital Dr Everett Chalmers de Fredericton, en détresse psychologique, mais qu’elle a attendu aux urgences pendant huit heures, sans obtenir d’aide. Elle s’est suicidée quelques jours plus tard.

«Cette mort aurait-elle pu être évitée? Nous devons tirer les leçons de ces tragédies afin d’éviter de futures pertes de vie», a indiqué M. Bossé en conférence de presse vendredi. Sa première tâche, a-t-il dit, consistera à examiner les recommandations des rapports précédents et à demander, auprès du gouvernement, pourquoi elles n’ont pas pu être mises en œuvre immédiatement.

«Cet examen portera sur les raisons pour lesquelles les solutions mises en place pour la santé mentale des jeunes ne durent pas», a-t-il dit. 

Chris Daken, le père de l’adolescente, a déclaré que la crise des soins de santé mentale au Nouveau-Brunswick ne concernait pas seulement la mort de Lexi. «Ce n’est pas seulement un combat que nous avons commencé au cours des deux dernières semaines: nous savons qu’il y a des parents, des frères, des sœurs, des groupes qui se battent depuis plusieurs années pour des changements dans cette province», a-t-il déclaré en entrevue, vendredi.

«Nous avons été très transparents sur notre chagrin et la perte d’un enfant: on espère maintenant que le gouvernement soit très ouvert dans son enquête sur la cause.»

Le chef du Parti vert, David Coon, avait demandé une enquête publique complète, ce qui a été rejeté par la ministre de la Santé. M. Bossé a soutenu vendredi qu’il avait été impliqué dans deux enquêtes publiques, qui ont coûté des millions de dollars et ont pris des années.

«Je n’ai pas deux ou trois ans», a-t-il dit, en rappelant que son mandat à titre de Défenseur des enfants et de la jeunesse se termine le 31 juillet. «Nous devons faire quelque chose maintenant. Faisons-le.»

M. Bossé a indiqué qu’il écoutera tous ceux qui veulent être entendus sur cette question; le processus de consultations sera finalisé dans les semaines à venir. Il a reconnu que certains rapports précédents au gouvernement sur la question prennent la poussière sur les rayons, mais il ne pense pas que cela se produira cette fois-ci.

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