Sunwing annule ses vols à Saskatoon et Regina pour un mois

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, qualifie d’«irresponsable» la décision de Sunwing de suspendre pendant un mois ses vols depuis les aéroports de Saskatoon et de Regina.

La compagnie aérienne a annoncé jeudi qu’elle annulait immédiatement, et jusqu’au 3 février, ses activités depuis les deux aéroports internationaux de la Saskatchewan, en raison de «circonstances atténuantes». 

Sunwing assure que les clients qui ont vu leur vol vers le sud annulé recevront un remboursement complet et que ceux qui tentaient de rentrer chez eux recevraient «sous peu» de plus amples informations.

Dans un communiqué, vendredi, le premier ministre Moe a estimé qu’il s’agissait d’une décision «extrêmement irresponsable de la part de Sunwing pour tous ceux qui ont réservé des vacances, en particulier ceux qui sont actuellement à destination et ne savent pas comment et quand ils rentreront chez eux».

Le premier ministre Moe explique que même si les compagnies aériennes et les voyages aériens sont réglementés par le gouvernement fédéral, le ministre des Transports de la Saskatchewan, Jeremy Cockrill, a été en contact avec Sunwing et avec le ministre fédéral des Transports, Omar Alghabra, pour demander un plan détaillé indiquant comment et quand les passagers qui ont voyagé de la Saskatchewan reviendront au bercail.

Sunwing explique dans son communiqué de jeudi qu’il avait d’abord prévu de répondre à la hausse de la demande de voyages au départ de Saskatoon et de Regina pendant l’hiver en faisant appel à des pilotes étrangers.

«Lorsque la demande de déploiement de pilotes étrangers a été refusée, nous avons fait appel à des services d’affrètement pour soutenir nos activités opérationnelles, indique Sunwing. Cependant, les conditions et les horaires de vols se sont avérés trop importants pour nos compagnies aériennes partenaires affrétant des avions.

Puis, «nous avons tenté de repositionner les avions de Sunwing afin de soutenir nos opérations, mais nous n’y sommes pas parvenus en raison des retards et des annulations de vols entraînés par les récentes perturbations météorologiques, ainsi que par la forte demande de voyages pendant cette période des fêtes achalandée», poursuit le transporteur et voyagiste.

Sunwing tente toujours de rapatrier des centaines de voyageurs depuis des destinations soleil comme Cancun et Puerto Vallarta, au Mexique, après que les tempêtes hivernales ont perturbé ses activités pendant les vacances de Noël.

Resserrer les règles

John Gradek, chargé de cours en gestion de l’aviation à l’Université McGill, estime que ce «fiasco» milite en faveur d’une réglementation gouvernementale accrue dans cette industrie.

Bien que de nombreux transporteurs aient dû annuler des vols en raison des tempêtes, du froid extrême et/ou de pluie verglaçante dans les jours précédant Noël, Sunwing en particulier a eu du mal à se remettre. Le professeur Gradek explique que cette compagnie aérienne est beaucoup plus petite, avec moins de vols à destination et en provenance de ses destinations.

Un transporteur comme WestJet ou Air Canada aurait plusieurs vols par jour aller-retour, et aurait donc plus de possibilités de transporter des voyageurs laissés derrière à la suite d’un vol annulé. Mais Sunwing ne peut faire des allers-retours que quelques fois par semaine, a-t-il dit, et sa principale option pour secourir les passagers est d’affréter des avions d’autres compagnies. Or, il n’y a pas beaucoup d’avions vides en attente d’affrètement pendant la période de pointe de Noël. 

Et la situation pourrait encore s’aggraver pour les passagers de Sunwing, croit le professeur Gradek. Le début de janvier est également une période de voyage chargée et, si le temps se détériore et force des annulations, Sunwing pourrait devoir s’occuper de ces passagers en plus de l’arriéré d’avant Noël.

M. Gradek a souligné que le ministre fédéral des Transports avait rencontré des membres du secteur du transport aérien le mois dernier pour dresser un bilan après un été de chaos dans les aéroports canadiens.

«Il a essentiellement promis aux Canadiens en novembre que nous n’aurions pas une répétition de l’été à Noël, a déclaré M. Gradek. Et voilà, devinez quoi? Nous vivons la même chose, et même en pire.»

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