Survol de certaines recherches liées à la COVID 19 menées dans le monde

Des milliers de scientifiques dans le monde entier sont à pied d’oeuvre pour tenter de lutter contre la pandémie de COVID-19. Voici un résumé de certaines recherches récentes, qui ont été menées par des revues académiques ou des agences scientifiques, et qui ont été révisées par des pairs.

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Une recherche publiée dans le journal Cell met en doute l’utilisation de médicaments antiviraux développés pour lutter contre le VIH pour combattre le coronavirus. Un article incorporant un groupe témoin conclut que ni l’association lopinavir/ritonavir ni l’umifénovir (arbidol) n’avait permis d’améliorer le résultat clinique de patients hospitalisés et aux prises avec des cas bénins ou modérés de la COVID-19. L’étude a analysé 86 patients dans pareille situation; 34 ont reçu l’association lopinavir/ritonavir, 35 ont reçu l’arbidol et 17 n’ont reçu aucun médicament antiviral. Les patients des trois groupes ont affiché des résultats similaires après sept et 14 jours.

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Au moment où les gouvernements discutent d’une réouverture de leurs économies respectives, une analyse de l’Université d’économie et de commerce de Vienne, de l’Institut autrichien de recherche économique et de l’Institut d’études avancées de Vienne a conclu que les conséquences du confinement et de la suspension partielle du commerce mondial pourraient être ressenties pendant une longue période. Les chercheurs prédisent, dans l’éventualité où la fermeture demeurerait en place jusqu’au milieu de mai, que l’économie du pays ne s’en remettra pas avant 2022. Ils ajoutent que ces conséquences seront particulièrement importantes pour les petites économies ouvertes qui comptent des secteurs de service et manufacturier hautement développés et dont les relations économiques locales et internationales sont complexes.

Une agence établie à l’Université de l’Alberta participe au développement et à la validation d’un simple test sanguin pour prédire le degré de sévérité de la COVID-19 chez des patients. Le Canadian BioSample Repository va recueillir les échantillons sanguins et Nanostics, une entreprise dérivée de l’université, va mesurer la charge virale de chacun d’entre eux. Le test sanguin qui en résultera utilisera l’apprentissage automatique afin de déterminer à quel point chaque patient pourrait souffrir de la COVID-19, une information utile aux médecins pour déterminer les soins à apporter.

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La Société canadienne de pédiatrie a lancé une étude afin de découvrir combien d’enfants deviennent gravement malades de la COVID-19. L’organisation doit recueillir des données venant de 2800 pédiatres de tous les coins du pays, ce qui représentera la plus importante étude de surveillance de santé publique au Canada. Selon la Société, on sait peu de choses sur les effets du virus sur les enfants, particulièrement ceux atteints de conditions préexistantes. Les résultats feront aussi l’objet d’une comparaison à l’échelle internationale.

Des recherches examinées par des pairs laissent sous-entendre que deux médicaments contre la malaria, parfois qualifiés d’efficaces contre le coronavirus, pourraient faire plus de mal que de bien. Dans le journal Microbes and Infection, des scientifiques rapportent que si la chloroquine et l’hydroxychloroquine peuvent réduire la charge virale en laboratoire, elles peuvent en fait l’augmenter à l’intérieur d’organismes vivants. L’article fait référence à d’autres études qui ont déterminé que ces médicaments n’avaient eu que peu d’impact sur les virus lors de tests menés sur des animaux. Dans certains cas, en fait, ils ont accentué la vitesse de la réplication virale. Les auteurs suggèrent de faire preuve d’«extrême prudence» avant de suggérer que les deux médicaments pourraient fonctionner contre la COVID-19.

Une étude du journal Administrative Theory and Praxis note que la pandémie de la COVID-19 pourrait avoir un impact quantifiable sur les élections qui se tiendront cet automne aux États-Unis. En tenant compte du fait que les électeurs les plus âgés ont tendance à favoriser le Parti républicain et à être plus vulnérables à la COVID-19, les auteurs font remarquer que la maladie pourrait modifier le résultat du vote dans des États pivots. Ils écrivent que si la Pennsylvanie continue de n’utiliser que la distanciation sociale pour combattre la COVID-19, l’État pourrait perdre 13 000 républicains de plus que de démocrates âgés de plus de 65 ans. En vertu de ces projections, et en incluant tous les groupes d’âge, 14 551 républicains de plus que de démocrates pourraient mourir. Il s’agirait d’un changement important si l’on tient compte du fait que le président Donald Trump a remporté cet État par une marge de 44 292 votes en 2016.

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