Survol de certaines recherches liées à la COVID-19 menées dans le monde

Des milliers de scientifiques dans le monde entier sont à pied d’oeuvre pour tenter de lutter contre la pandémie de COVID-19. Voici un résumé de certaines recherches récentes, qui ont été menées par des revues académiques ou des agences scientifiques, et qui ont été révisées par des pairs.

Un sondage réalisé par l’Université de Sherbrooke suggère que les Québécois font beaucoup plus confiance que les autres Canadiens aux autorités dans la lutte contre la pandémie. La moitié des Québécois interrogés avaient une confiance très élevée, contre 27 % ailleurs au Canada. Les troubles de stress post-traumatique probables liés à la pandémie seraient par ailleurs plus fréquents hors Québec (27,5 %) qu’au Québec (18,8 %).

Autres constatations: 51 % de l’ensemble des répondants croient que le coronavirus est un phénomène naturel; 38 % pensent que le gouvernement cache des informations; 15 % pensent que l’industrie pharmaceutique aide à propager le virus; et 21 % pensent qu’il existe déjà un médicament qui peut traiter la COVID-19.

Le sondage a été mené du 8 au 11 avril auprès de 600 personnes — 300 au Québec et 300 hors Québec.

Une étude publiée dans les Actes de l’Académie nationale (américaine) des sciences a estimé l’impact qu’ont pu avoir les mesures de santé publique que l’Italie a adoptées pour limiter la propagation du nouveau coronavirus. L’étude conclut que les restrictions à la mobilité et les autres mesures réduisaient de 45 % la transmission du SRAS-CoV-2. Cela se traduirait par 200 000 hospitalisations de moins, du 22 février au 25 mars. Sans ces mesures, on estime que chaque personne infectée par le nouveau coronavirus aurait infecté, en moyenne, 3,6 autres personnes.

Le muséum d’histoire naturelle Field, de Chicago, rapporte que l’association entre les chauves-souris et les coronavirus semblables à celui qui cause la COVID-19 remonte à des millions d’années. Après avoir examiné des milliers d’échantillons de sang provenant de 36 espèces différentes de chauves-souris africaines, les chercheurs ont découvert que 8 % d’entre elles étaient porteuses de coronavirus. Différentes espèces de chauves-souris étaient porteuses de différents coronavirus, ce qui suggère que les deux ont évolué ensemble. Selon les chercheurs, leurs données démontrent que la transmission de virus entre les espèces est très rare.

Un commentaire dans la revue britannique «The Lancet» énumère huit menaces qui guettent le citoyen dans sa prise de décisions en matière de santé publique.

Voici ces risques: une certaine complaisance à mesure que s’estompe la peur initiale; l’embarras, lorsque l’on voit comme un échec personnel une infection ou des infractions aux consignes; la négligence d’autres besoins importants comme le sommeil ou l’exercice physique; des problèmes de santé mentale dus à l’isolement ou la distanciation; une confusion causée par le temps nécessaire à l’émergence d’informations fiables sur les tendances à adopter; le désir pressant d’un retour à la normale; l’empressement de reprendre des gestes de socialisation comme la poignée de main ou les câlins; une attitude «gérant d’estrade» sur les décisions prises auparavant par les autorités, alors que les informations étaient encore incomplètes.

Le blogue «Retraction Watch» a noté que la revue chinoise «Practical Preventive Medicine» avait retiré un article qui affirmait que le nouveau coronavirus pourrait se propager sur près de cinq mètres par la voie des airs — à partir de l’haleine, de la toux ou des éternuements —, soit deux fois plus que ce que l’on croyait jusque-là. La revue en langue chinoise n’a pas répondu aux questions du blogue sur les raisons de cette rétractation. Plusieurs études chinoises ont déjà été retirées. «Retraction Watch» suggère que ces rétractations sont le résultat de la récente politique gouvernementale chinoise qui exige que les scientifiques obtiennent l’autorisation de publier — ou de publiciser — leurs résultats.