Survol de certaines recherches liées à la COVID 19 menées dans le monde

Des milliers de scientifiques dans le monde entier sont à pied d’oeuvre pour tenter de lutter contre la pandémie de COVID-19. Voici un résumé de certaines recherches récentes, qui ont été menées par des revues académiques ou des agences scientifiques, et qui ont été révisées par des pairs :

Un éditorial de la revue «Science» suggère que les chercheurs ne devraient pas abaisser leurs normes pour les études sur la COVID-19, malgré le besoin urgent de réponses. Il indique que les petites études qui ne font pas partie d’une stratégie globale génèrent souvent des pistes qui semblent intéressantes, mais qui ne donnent rien de concret, détournant les ressources et l’attention des pistes plus prometteuses. L’éditorial ajoute que ces études se chevauchent souvent et dépendent de modèles de recherche qui peuvent être faciles à mettre en œuvre, mais qui en révèlent peu. Les auteurs soutiennent que le besoin de normes rigoureuses ne disparaît pas devant une urgence.

Un site web suit tous les essais cliniques de la COVID-19 en cours à toutes les étapes, partout dans le monde. COVID-trials.org répertorie 650 essais au total. Un peu plus de la moitié — 332 — ont lieu en Chine; 97 autres se produisent aux États-Unis. On en compte 17 au Canada. Le médicament le plus étudié est l’hydroxychloroquine. Malgré le manque de preuves de son efficacité, l’antipaludique vanté par le président américain Donald Trump fait l’objet de 130 essais cliniques. La médecine traditionnelle chinoise est le deuxième traitement le plus étudié à 102 essais.

Le «New England Journal of Medicine» suggère qu’une des raisons pour lesquelles la COVID-19 a eu un impact aussi important comparativement à l’épidémie de SRAS de 2003 est que la maladie se transmet avant que les symptômes n’apparaissent. Les chercheurs ont découvert que dans une maison de soins infirmiers, les résultats des tests ont fourni des cultures de virus viables pour près des trois quarts des résidents et des employés, même si aucun ne présentait de symptômes au moment du test. L’étude présente des chiffres qui montrent que le SRAS a été maîtrisé en huit mois, après avoir infecté 8100 personnes dans certaines régions. Le nouveau coronavirus a infecté près de trois millions de personnes en cinq mois et continue de se propager rapidement dans le monde.

Le «Journal of Sustainable Tourism» souligne l’impact de la COVID-19 sur l’industrie du voyage. L’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies prévoit des pertes pouvant atteindre 450 milliards $ en 2020. D’autres groupes internationaux prévoient 252 milliards $ de revenus en moins pour les compagnies aériennes. Les estimations de l’industrie suggèrent que les revenus des hôtels américains seront réduits de moitié. Les pertes des navires de croisière et des restaurants n’ont pas encore été estimées, mais le document publié indique que les pertes causées par l’annulation d’événements sportifs partout dans le monde s’élèveront à des centaines de milliards de dollars.

Un coût indirect de la pandémie de COVID-19 est ses répercussions sur la recherche sur d’autres maladies transmissibles et mortelles, explique un éditorial du «Journal of the American Society of Tropical Medicine and Hygiene». Les auteurs de l’Université de l’Alberta soutiennent que même si la recherche sur le nouveau coronavirus demeure vitale et une priorité absolue, d’autres maladies tuent beaucoup plus de personnes. Le paludisme, par exemple, tue 500 000 personnes par an. Les auteurs affirment que de nombreux scientifiques travaillant sur ces maladies ont été invités à interrompre leurs travaux et que les conséquences de cela se feront sentir longtemps après la fin de la crise de la COVID-19.