Survol de la recherche sur le coronavirus, le vaccin et les traitements

Des milliers de scientifiques dans le monde entier sont à pied d’oeuvre pour tenter de lutter contre la pandémie de COVID-19. Voici un résumé de certaines recherches récentes, qui ont été menées par des revues académiques ou des agences scientifiques, et qui ont généralement été révisées par des pairs:

Le «Journal international des maladies infectieuses» a retracé la source des 118 premiers cas de COVID-19 recensés au Canada. Or, si près des deux tiers des cas dans le monde provenaient de Chine, et malgré les liens importants qui unissent ce pays et le Canada, seulement neuf des premiers cas au Canada (7,6 %) provenaient de Chine. Les chercheurs affirment que le voyage le plus souvent signalé parmi ces 118 cas concernait le Moyen-Orient, les États-Unis et l’Europe; près du tiers — 30 cas — venaient d’Iran. Selon les chercheurs, ces résultats suggèrent que les futures interdictions de voyager ne devraient pas nécessairement être limitées aux seuls pays où le taux d’infection est élevé.

La revue «The Lancet» a publié l’une des études les plus exhaustives à ce jour sur la valeur de l’hydroxycholoroquine pour traiter la COVID-19. L’étude a porté sur 96 032 patients de 671 hôpitaux sur six continents. Le document ne rapporte aucun avantage du médicament antipaludéen, seul ou en combinaison avec quoi que ce soit d’autre. Les chercheurs préviennent que la conclusion n’est pas définitive, mais ils croient pour l’instant que l’hydroxychloroquine, qui a de graves effets secondaires connus sur le coeur, peut causer plus de tort que de bien.

Des études sur des singes macaques suggèrent que le développement d’une immunité contre la COVID-19 est possible chez l’humain, soit par une exposition au virus, soit par un vaccin, rapporte la revue «Science». Les chercheurs tentent toujours de déterminer si l’infection au SRAS-CoV-2 crée une immunité contre les expositions futures. Dans cette étude, neuf macaques adultes qui avaient guéri d’une infection ont été exposés à nouveau au virus 35 jours plus tard: tous présentaient peu ou pas de symptômes, mais des réponses immunitaires qui les protégeaient contre la deuxième infection. Les mêmes chercheurs ont ensuite inoculé 35 macaques avec des prototypes de six vaccins différents et exposé les animaux au nouveau coronavirus. Des anticorps sont apparus dans le sang de tous les singes.

Un article de la revue «Science Immunology» prévient que le dépistage des anticorps COVID-19 peut être un bon moyen d’évaluer l’immunité de grands groupes, mais pas celle des individus. Les auteurs suggèrent que de tels tests pourraient aider à résoudre des questions de santé publique telles que le moment de relâcher le confinement à la maison ou la fermeture d’écoles. Mais ils ajoutent que ces tests ne sont pas suffisamment précis ou spécifiques pour déterminer si une personne est immunisée contre l’infection, ce qui remet en question la valeur des soi-disant «passeports d’immunité».

Une étude non révisée de l’Université de Paris a révélé que des cas de maladie de Kawasaki chez les enfants, qui provoque un gonflement des vaisseaux sanguins, semblent effectivement liés à la COVID-19. L’étude a révélé que 17 enfants avaient été admis à l’hôpital universitaire entre fin avril et début mai, alors que le nombre moyen est habituellement d’un cas. Et 14 de ces enfants ont montré des signes d’infection récente par le nouveau coronavirus; ils ont également souffert d’une détresse gastro-intestinale. Tous ont été traités et se sont rétablis depuis.

Le nouveau coronavirus a muté des milliers de fois, mais une grande étude de l’University College de Londres suggère qu’aucune de ces mutations ne l’a rendu plus transmissible. Le document, qui n’a pas été évalué par des pairs, a examiné plus de 15 000 patients de 75 pays. Les chercheurs ont trouvé 6822 mutations. Parmi celles-ci, 31 se sont produites au moins 10 fois indépendamment au cours de la pandémie. Les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve que ces mutations communes ont augmenté la transmissibilité du virus, y compris une mutation qui aurait été largement considérée comme plus infectieuse. En fait, ils ont découvert que la plupart des mutations nuisaient légèrement à ce coronavirus.