Survol de la recherche sur le coronavirus, le vaccin et les traitements

Des milliers de scientifiques dans le monde entier sont à pied d’oeuvre pour tenter de lutter contre la pandémie de COVID-19. Voici un résumé de certaines recherches récentes, qui ont été menées par des revues académiques ou des agences scientifiques, et qui ont été révisées par des pairs :

Un article publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne a examiné la relation entre la latitude et les cas de COVID-19. Des observations tendent en effet à démontrer que les pays de l’hémisphère Nord ont davantage souffert du nouveau virus: les chercheurs ont donc tenté d’établir un lien entre le taux d’infection et le climat. Ils ont examiné 144 pays et 375 609 cas pour établir des liens avec la latitude, la température, l’humidité, les fermetures d’écoles, les restrictions sur les rassemblements et la distanciation sociale. Ils ont trouvé peu de liens avec la température, mais un mince lien entre une humidité plus faible et des taux d’infection plus élevés. Par contre, les liens avec les mesures de santé publique étaient beaucoup plus forts.

Un article de la revue «Nature» suggère que les personnes qui se sont remises de la COVID-19 pourraient aider à réduire le taux de transmission du virus en retournant dans la population. Le modèle suppose que les personnes qui se sont rétablies sont immunisées contre la réinfection pendant au moins un certain temps et pourront interagir en toute sécurité avec les autres. Ces personnes rétablies pourraient alors augmenter leurs interactions avec celles qui n’ont pas encore développé d’immunité. L’utilisation de ces personnes comme «bouclier» entre d’autres personnes pourrait à la fois réduire les décès et permettre à certaines activités sociales de reprendre, selon l’étude.

Une recherche publiée dans la revue «European Heart» révèle peut-être les raisons pour lesquelles les hommes souffrent plus de la COVID-19 que les femmes. Il se trouve que les hommes ont dans leur sang des concentrations plus élevées de l’enzyme ACE2, la fameuse porte que le SRAS-CoV-2 emprunte pour entrer et infecter les cellules saines. On retrouve l’ACE2 dans les poumons, le coeur, les reins et les tissus tapissant les vaisseaux sanguins, mais aussi beaucoup dans les testicules.

Une recherche publiée dans la revue «Méthodes informatiques en biomécanique et en génie biomédical» examine le lien entre les restrictions de voyages et la propagation de la COVID-19. Il appert que les interdictions de voyager en Europe ont ralenti la propagation de la pandémie sans toutefois l’empêcher, parce qu’elles sont arrivées trop tard – chaque pays avait déjà signalé depuis une semaine des cas de COVID-19. Les résultats suggèrent d’ailleurs que la tendance de l’épidémie suivait de près celle des passagers aériens. Depuis son apparition en Europe, en Italie, le nouveau coronavirus s’est propagé rapidement via les liens de transport les plus solides, comme vers l’Allemagne, l’Espagne et la France, tout en atteignant plus lentement les pays les moins connectés comme l’Estonie, la Slovaquie et la Slovénie.

Il ne faudrait pas s’attendre à un «baby-boom COVID-19», prédit le «Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology». Les chercheurs ont interrogé en Italie 1482 hommes et femmes en «relations hétérosexuelles stables» âgés de 18 à 46 ans. On a constaté une baisse significative des sentiments de «bien-être général». Bien qu’environ 18 % des personnes interrogées prévoyaient d’avoir un enfant avant la pandémie, plus d’un tiers ont abandonné ce projet pour des raisons économiques et sanitaires. Parmi les 81 pour cent qui n’avaient pas prévu de concevoir un enfant, un peu plus d’un sur dix a déclaré que la pandémie leur avait donné le goût d’être parents en raison d’un désir de changement et d’apporter du positif dans leur vie. Mais selon l’enquête, seulement 4,3 % de ces personnes auraient réellement «passé à l’acte».

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