Survol de recherches menées sur la COVID 19 dans le monde

Des milliers de scientifiques dans le monde entier sont à pied d’oeuvre pour tenter de lutter contre la pandémie de COVID-19. Voici un résumé de certaines recherches récentes, qui ont été révisées par des pairs de revues académiques et d’agences scientifiques :

Une étude dans «Proceedings of the National Academy of Sciences» suggère que la capacité de soins intensifs aux États-Unis pourrait ne pas être suffisante pour répondre à la demande créée par la pandémie de COVID-19. Les chercheurs ont d’abord modélisé ce qui se passerait sans un isolement volontaire généralisé dans les communautés. Ils ont constaté que, dans ce cas, le traitement de tous les cas de maladies graves au plus fort de l’épidémie nécessiterait trois fois le nombre de lits de soins intensifs existants dans le pays. L’isolement de 20% des cas dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes réduirait la demande de lits de soins intensifs jusqu’à 75%, même si la demande pourrait encore dépasser la capacité existante. Les résultats suggèrent que la COVID-19 est susceptible de submerger le système de soins intensifs existant aux États-Unis.

L’Association médicale canadienne a mené une enquête au cours de laquelle au moins un médecin sur cinq a déclaré qu’il manquerait de ventilateurs, de protecteurs oculaires, de masques faciaux et de lunette dans deux jours ou moins si le stock n’est pas réapprovisionné. Environ les trois quarts des médecins ayant répondu avaient commandé du matériel au cours du mois dernier, mais seulement 13% ont déclaré que leur commande est arrivée. Peu d’entre eux pouvaient penser à d’autres sources d’approvisionnement. Parmi les médecins qui travaillaient dans les hôpitaux, où la plupart des patients atteints de COVID-19 sont dirigés, environ les trois quarts ne connaissaient pas l’état de leur stock d’équipement de protection.

La revue «Science» a publié une étude qui révèle la structure d’un anticorps capable de se fixer au nouveau coronavirus. L’anticorps a été prélevé dans le sang d’un patient se remettant d’une infection par le SRAS, causée par un virus similaire. Il a été suggéré qu’un anticorps généré en réponse à ce virus pourrait être efficace contre la COVID-19. L’étude révèle que l’anticorps se fixe lorsque les protéines du nouveau coronavirus sont dans une position spécifique. Les scientifiques ne comprennent pas entièrement comment le virus déclenche une réponse immunitaire, mais la nouvelle découverte pourrait aider à concevoir un anticorps qui en imite une.

Les masques chirurgicaux peuvent être un bon moyen pour les personnes atteintes de coronavirus saisonniers et de grippe de ne pas infecter les autres, rapporte un article publié dans «Nature Medicine». Il a été démontré que les masques réduisent considérablement les virus de la grippe et les coronavirus saisonniers dans les gouttelettes respiratoires et les aérosols. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si les masques peuvent spécifiquement empêcher la transmission du nouveau coronavirus.

Un article de la revue «Aerosol Science and Technology» suggère que les aérosols — de minuscules gouttelettes invisibles à l’œil nu — émis pendant la respiration et la conversation peuvent aider à expliquer le grand nombre de transmissions de COVID-19 par des personnes sans symptômes visibles. Ces particules sont suffisamment grosses pour héberger des virus, mais suffisamment petites pour être inhalées profondément dans les poumons. Une conversation de 10 minutes pourrait créer un nuage pouvant contenir jusqu’à 6000 particules qui pourraient être inhalées par quelqu’un à proximité. Le document indique que davantage de recherches sont nécessaires sur le rôle que ces aérosols peuvent jouer dans la contagion de la COVID-19.

Des recherches de l’Université de Harvard suggèrent que la distanciation sociale pourrait devoir être utilisée plusieurs fois au cours de la pandémie de COVID-19. Le document constate qu’une période de distanciation sociale stricte de 20 semaines pourrait conduire à une résurgence ultérieure du virus encore plus forte que la première attaque, car peu d’immunité serait développée dans la communauté. Il suggère plusieurs périodes de distanciation, chacune suffisamment longue pour maintenir le taux d’infection à la portée du système de santé. Finalement, suffisamment de personnes auraient l’immunité pour prévenir une maladie généralisée.