Survol de recherches menées sur la COVID-19 dans le monde

Des milliers de scientifiques de par le monde travaillent activement à trouver des moyens de lutter contre la pandémie de COVID-19, en mettant au point des médicaments ou un vaccin. Voici un survol de certaines recherches récentes, tirées de revues universitaires et d’agences scientifiques qui disposent d’un comité de lecture:

Les chiffres les plus récents de l’Organisation mondiale de la santé recensent 50 recherches qui sont candidates pour l’essai d’un nouveau vaccin contre le coronavirus. Deux sont déjà prêtes pour le stade des essais cliniques: la première menée par une société américaine, en partenariat avec les «National Institutes of Health», et l’autre par un groupe chinois de l’Université de Pékin. Une cinquantaine d’autres recherches — dont deux à l’Université de la Saskatchewan — sont au stade de l’évaluation préclinique, qui détermine les niveaux de sécurité et de dosage des futurs essais cliniques. Des dizaines d’autres études encore sont à un stade de développement moins avancé — ou cherchent des moyens de soigner les patients souffrant déjà de la COVID-19, et non le vaccin.

L’interdiction de voyager décrétée par la ville de Wuhan, en Chine, au début de la pandémie de coronavirus — qui a suspendu en janvier les transports publics, les divertissements et les grands rassemblements publics — a probablement permis d’éviter des centaines de milliers d’infections à la COVID-19, selon une étude du magazine «Science». L’étude des 50 premiers jours de l’infection virale a révélé que ces mesures draconiennes de santé publique avaient retardé de près de trois jours l’arrivée du coronavirus dans d’autres villes de Chine. Or, les villes qui ont utilisé cette période de grâce pour se préparer avant l’arrivée du coronavirus ont enregistré environ un tiers de cas de moins que les autres villes. Les auteurs estiment que sans ces mesures, la Chine aurait recensé environ 744 000 cas de la COVID-19, au lieu des 29 839 cas signalés.

À l’Université York de Toronto, des chercheurs ont examiné les études existantes sur la COVID-19 pour en tirer les symptômes les plus courants de la maladie. Ils concluent que 82 % des personnes atteintes ont fait de la fièvre, 61 % ont présenté de la toux et 36 % ressentaient des douleurs musculaires et de la fatigue. Un essoufflement est apparu dans 26 % des cas, des maux de tête dans 12 % des cas et un mal de gorge dans 10 %. Des symptômes gastro-intestinaux sont apparus chez 9 % seulement des patients. Les statistiques ont été tirées de près de 60 000 dossiers de patients dans 11 pays.

La revue médicale britannique «The Lancet» a analysé des données en provenance de Chine pour dresser un portrait plus complet et plus exact de l’épidémiologie du nouveau coronavirus. Le taux de mortalité des cas confirmés de la COVID-19 en Chine est estimé à près de 1,4 %; ces taux varient toutefois de 0,0016 % pour les enfants de zéro à neuf ans, jusqu’à 7,8 % pour les aînés de 80 ans et plus. La maladie causée par le coronavirus augmente elle aussi avec l’âge — et rapidement après 50 ans. Ainsi, entre les 40-49 ans et les 50-59 ans, les taux d’hospitalisation ont presque doublé, passant de 4,3 % à 8,2 %. Par ailleurs, près d’un patient octogénaire sur cinq a été hospitalisé, alors qu’environ un patient sur 100 dans la vingtaine est tombé malade de la COVID-19.

La COVID-19 se propage trop rapidement pour être contenue en retraçant «à la main» les contacts des porteurs du coronavirus, selon une autre étude du magazine «Science». En utilisant des données sur la transmission à bord du bateau de croisière «Diamond Princess», les auteurs concluent que les approches normales de lutte contre les épidémies — isoler les malades, retracer leurs contacts et ordonner la quarantaine si nécessaire — prennent trop de temps et sont trop difficiles à étendre à un grand nombre d’individus. Ces chercheurs estiment qu’il serait beaucoup plus rapide d’utiliser une application sur le téléphone portable qui enregistre les contacts personnels et prévient ceux qui auraient été en contact avec un cas confirmé. De telles applications ont déjà été déployées en Chine, mais les auteurs admettent qu’une telle approche soulève d’importantes questions éthiques sur l’utilisation des données personnelles.

Des recherches à l’Université York, à Toronto, suggèrent que les États américains qui réagissent le plus rapidement et le plus efficacement à la COVID-19 semblent également avoir des niveaux plus élevés de ce que les sociologues nomment le «capital social»; leurs citoyens font aussi davantage confiance à leurs gouvernements et à leurs agences de santé publique. La recherche, publiée dans la revue «Contexts», révèle que les États qui ont le plus de capital social et de confiance citoyenne étaient ceux qui avaient tendance à avoir des taux de test de dépistage plus élevés, indépendamment du revenu du ménage, de l’inégalité des revenus, de la diversité raciale ou de la tendance politique des États (républicain ou démocrate).

Des ingénieurs en informatique de l’Université de la Colombie-Britannique ont développé un modèle qui, selon eux, pourrait éventuellement aider la société à retrouver son train normal, tout en minimisant le risque de nouvelles éclosions de COVID-19. Leur modèle compare l’impact de la distanciation sociale et autres mesures de santé publique avec la disponibilité de ressources telles que les lits d’hôpitaux. L’objectif est de permettre autant d’activités sociales et économiques que possible sans surcharger le système de santé avec des malades de la COVID-19.

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