Syndicat à la Banque Laurentienne: le CCRI ordonne la tenue d’un vote

MONTRÉAL — Le Conseil canadien des relations industrielles a ordonné la tenue d’un vote à la Banque Laurentienne pour vérifier si les syndiqués souhaitent révoquer leur accréditation syndicale, mais les bulletins de vote seront gardés sous scellés pendant un certain temps.

Et le syndicat a déjà fait savoir à La Presse canadienne qu’il contestera cette décision.

La section locale 434 du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ) est déjà présente au sein des établissements de la Banque Laurentienne au Québec, où elle représente environ 1500 travailleurs.

Une requête pour faire révoquer l’accréditation syndicale avait été déposée le 16 novembre dernier. La demande de révocation vise «tous les employés de la Banque Laurentienne travaillant dans les établissements de la province de Québec et de la région de la ville d’Ottawa».

Selon les règles, une demande de révocation d’une accréditation syndicale doit être accompagnée de déclarations confidentielles originales et distinctes, signées par chacun des employés. Chaque déclaration doit faire état de la volonté de l’employé de ne plus être représenté par le syndicat, rappelle le tribunal dans sa décision.

Or, le tribunal souligne qu’il a aussi reçu, de la part du syndicat accrédité, «un nombre important d’avis, dont certains ont été présentés après la date du dépôt de la demande de révocation, indiquant que les employés en question retiraient leurs déclarations confidentielles».

Mais «toute preuve présentée après la date du dépôt de la demande de révocation doit être exclue», prend soin de rappeler le Conseil canadien des relations industrielles.

Finalement, après les premières vérifications, le CCRI a statué que le requérant semblait détenir suffisamment d’appuis à sa demande de révocation pour qu’il ordonne la tenue d’un vote, afin de vérifier la volonté des syndiqués.

Mais comme le syndicat a déjà déposé une plainte de pratique déloyale de la part de l’employeur et qu’il allègue une ingérence de l’employeur dans le processus de révocation, le CCRI a décidé que les futurs bulletins de vote seraient conservés sous scellés, le temps d’examiner le bien-fondé des allégations du syndicat.

D’emblée, le syndicat a contesté la demande de révocation, alléguant que l’employeur s’était ingéré dans le processus.

«Absolument, oui, (on va contester) devant la Cour fédérale. Il y a plusieurs choses qu’on va attaquer dans la décision. Je veux me garder des bémols, parce qu’on est en train d’analyser la décision», rendue jeudi, a commenté au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne Kateri Lefebvre, directrice exécutive du SEPB au Québec.

«Ce vote-là va être sous scellés tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas statué sur toute la question de l’ingérence. Si on est capable de démontrer l’ingérence, ça veut dire que le vote, il n’a pas d’affaire à avoir lieu, du tout», a ajouté Mme Lefebvre.

L’employeur, quant à lui, a nié s’être ingéré de quelque façon que ce soit dans le processus et soutient qu’il a agi de façon parfaitement correcte.

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