Syndrome de Kawasaki et coronavirus: les preuves restent à faire

MONTRÉAL — Le syndrome inflammatoire qui frappe les enfants et que certains associent au coronavirus n’a rien de neuf et les médecins soupçonnent depuis longtemps qu’il puisse découler d’une infection virale, a expliqué une experte à La Presse canadienne.

«Le syndrome de Kawasaki est une maladie qui existe en pédiatrie depuis toujours», a lancé la docteure Caroline Quach-Thanh, du CHU Sainte-Justine.

La maladie se caractérise par une fièvre prolongée, un gonflement des ganglions, des arthrites, une éruption cutanée et des yeux rouges.

Il ne faut toutefois pas en minimiser la gravité. Dans certains cas extrêmement rares, et surtout si elle n’est pas soignée à temps, la maladie peut endommager les vaisseaux cardiaques.

«On a en tout le temps, bon an mal an, ce n’est pas hyper fréquent, mais ça arrive, et on pense que c’est dû à une inflammation post-virale, a poursuivi la docteure Quach-Thanh. Mais on ne trouve jamais le virus qui le cause parce que ça arrive toujours deux, trois ou quatre semaines après qu’on ait été en contact avec le virus. On est jamais capables de trouver ce qui le cause.»

Les regards se tournent aujourd’hui vers le coronavirus parce que, dit-elle, «présentement, il n’y a rien d’autre qui court à part le virus de la COVID. Donc si tu vois une augmentation de ton nombre de cas de Kawasaki, par exemple, si tout ce que tu as c’est de la COVID, (…) tu te demandes s’il y a un lien entre les deux».

Des médecins français et britanniques qui croyaient constater une augmentation du nombre de cas ont lancé l’alerte il y a quelques jours. Certains de leurs petits patients étaient porteurs du SRAS-CoV-2, mais d’autres pas.

«On est contents que les collègues nous alertent, comme ça on peut chercher nous aussi, a dit la docteure Quach. La beauté de la recherche et de la science c’est que quand on a une hypothèse, il faut après ça aller chercher pour voir si c’est associé ou pas, si le virus est vraiment causal.

«Quand on a un signal comme ça, qu’on voit qu’il y a plus de cas de Kawasaki, c’est toujours légitime de poser la question, mais il ne faut pas sauter aux conclusions.»

Ultimement, donc, le coronavirus pourrait un jour venir s’ajouter à la liste des virus qu’on sait capables de causer le syndrome de Kawasaki.

«Je pense que plus on cherche à en comprendre avec ce virus-là, plus on trouve des manifestations cliniques assez diverses, et ça, ça en serait une de plus», a conclu la docteure Quach.

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