Syndrome de Raynaud reconnu comme maladie professionnelle: 2e victoire syndicale

MONTRÉAL — Le Tribunal administratif du travail vient encore de donner raison au Syndicat des Métallos, qui avait réussi à faire reconnaître comme maladie professionnelle le syndrome de Raynaud chez deux mécaniciens de la mine Westwood, en Abitibi.

Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, avait déjà eu gain de cause devant le Tribunal en mars 2017. L’employeur avait porté la cause en appel. Il vient de perdre, puisque le Tribunal a maintenu la décision de première instance.

Le syndrome de Raynaud est aussi appelé maladie vibratoire. Il entraîne une décoloration des doigts, des raideurs, une mauvaise circulation sanguine qui rend douloureuse l’exposition au froid, à l’humidité ou aux vibrations et occasionne des engourdissements.

Les deux travailleurs concernés, Yvan Aumond et Claude Boucher, travaillent comme mécanicien depuis une trentaine d’années, notamment pour la minière Iamgold, qui exploite la mine Westwood, en Abitibi.

Au départ, les deux mécaniciens avaient perdu leur cause devant la CSST en 2013 et 2014, devenue depuis la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail). Mais ils avaient gagné une première fois devant le Tribunal administratif du travail en 2017.

«Il ressort incontestablement de la preuve soumise que le travail de mécanicien en cause implique des vibrations, notamment en raison de l’outillage utilisé, et que ces vibrations peuvent entraîner un syndrome vibratoire de Raynaud», avait conclu le juge administratif Michel Moreau, en première instance.

L’article 29 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail prévoit qu’il y a présomption de maladie professionnelle lorsque certaines conditions sont remplies. Et le Tribunal avait estimé que leur employeur, la minière Iamgold, n’avait pas réussi à renverser cette présomption.

Dans sa décision en révision, le juge administratif Philippe Bouvier a statué que le Tribunal de première instance n’avait fait aucune erreur de droit de nature à invalider sa décision.

Il a souligné que la motivation du premier jugement «est suffisante puisqu’elle permet de comprendre les raisons pour lesquelles la présomption de l’article 29 de la Loi s’applique». Le Tribunal de première instance «explique pourquoi il considère que les travailleurs ont été exposés à des vibrations et aussi les motifs pour lesquels l’employeur ne s’est pas déchargé de son fardeau de repousser les effets de la présomption», conclut le juge administratif Bouvier, du district de l’Abitibi-Témiscamingue.

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