Syrie: la Turquie poursuit son offensive, des milliers de civils en fuite

BEYROUTH — Le ministre turc des Affaires étrangères a affirmé jeudi que les forces terrestres turques avaient l’intention de s’enfoncer à une trentaine de kilomètres dans le nord de la Syrie, et que l’opération se poursuivrait jusqu’à ce que tous les «terroristes aient été neutralisés» — une référence aux combattants kurdes syriens.

Mevlut Cavusoglu a déclaré à un petit groupe de journalistes que les forces turques et celles de l’opposition syrienne seraient renforcées au besoin. Il n’a pas précisé combien d’hommes ou d’avions avaient traversé la frontière depuis le début de l’offensive mercredi.

M. Cavusoglu a répété que la Turquie avait pour objectif de créer une «zone de sécurité» censée permettre le retour «volontaire» et «sécuritaire» des réfugiés syriens et autres personnes déplacées.

Il a laissé entendre que ces réfugiés pourraient prendre le chemin de l’Europe si l’Union européenne refusait de contribuer financièrement à la mise en place de cette «zone de sécurité» prévue par la Turquie.

Le ministre a ajouté que la Turquie prendrait le contrôle des prisons où sont détenus des combattants de Daech (le groupe armé État islamique) situées dans la zone de sécurité en question, mais pas de celles qui se trouvent plus au sud.

Par ailleurs, un regroupement 14 organisations humanitaires a prévenu que l’offensive turque risquait d’aggraver la crise humanitaire dans le nord de la Syrie. La coalition — qui comprend notamment Médecins sans frontières, le Conseil norvégien pour les réfugiés et Oxfam — a souligné que les activités d’aide humanitaires avaient été interrompues dans la région, tout en rappelant que quelque 450 000 personnes vivent à moins de cinq kilomètres de la frontière de la Syrie avec la Turquie.

Des dizaines de milliers de civils ont commencé à se déplacer pour échapper aux violences, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

L’Observatoire syrien des droits de l’homme estime qu’au moins 60 000 personnes ont fui leur domicile dans le nord de la Syrie depuis mercredi.

Le HCR a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et à permettre aux organisations humanitaires de porter secours aux civils. Les infrastructures civiles dans le nord de la Syrie ne doivent pas être prises pour cibles, a rappelé le HCR.

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