Taux d’échec au secondaire: Roberge présente un portrait moins sombre de la situation

QUÉBEC — Le portrait au secondaire serait moins sombre que ce que l’on croyait, si l’on se fie aux chiffres compilés par le ministère de l’Éducation.

Le bureau de Jean-François Roberge a fait circuler un tableau mercredi, une heure avant la conférence de presse du ministre.

On y compare les chiffres publicisés mardi par la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) à ceux du ministère.

Québec dit avoir sondé 214 écoles hébergeant 84 000 élèves, comparativement à environ 120 écoles pour la FDQE.

En français, au secondaire, le ministère a trouvé que le taux d’échec était de 16,8 %, tandis que la FQDE annonçait un taux d’échec de 20 %.

En mathématiques, le taux d’échec serait de 20,7 %. La FQDE parlait plutôt d’un taux de 25 %.

C’est en secondaire 3 que les résultats scolaires dans ces matières laisseraient le plus à désirer, si l’on se fie aux données présentées mercredi.

On y note une baisse du taux de réussite de 2,1 % en français, et une baisse de 3 % en mathématiques, comparativement à la première étape de l’année scolaire 2019-2020.

En secondaire 4, on remarque peu de changement en français, mais une baisse significative de 4,2 % en mathématiques.

Le ministère de l’Éducation a également recueilli des données sur le taux d’échec en sciences (18,5 %) et en histoire (16,6 %) pour le secondaire 4 seulement.

Règle générale, selon le ministère, les taux d’échec sont demeurés relativement stables par rapport à ceux de l’année précédente.

Les élèves en secondaire 2 et 5 ont été relativement épargnés, tandis que ceux du secondaire 1 ont mieux performé que prévu, avec, par exemple, une hausse du taux de réussite de 3,1 % en mathématiques.

Au primaire, tous les résultats «restent semblables», affirme-t-on.

Le premier bulletin vaut 35 %, tranche Roberge

Pour le ministre Roberge, ce portrait est «rassurant», même si la comparaison avec l’année dernière «a ses limites» en raison du délestage cette année d’une partie de la matière.

«Ce n’est pas la catastrophe annoncée», a-t-il déclaré en conférence de presse. Je voyais (…) mes collègues des oppositions qui annonçaient des taux d’échec de 30-50 %. Ce n’est absolument pas arrivé.»

Cependant, ce serait se «mentir collectivement» que de dire que tout va bien en éducation, a-t-il ajouté. «Je ne prétends pas qu’il n’y a pas de rattrapage à faire.»

Il mise sur le programme de tutorat, et possiblement sur des services complémentaires cet été, pour aider les élèves à se rattraper.

Le ministre a toutefois été incapable de dire, mercredi, combien de tuteurs ont été recrutés à ce jour.

Il a annoncé que le premier bulletin cette année vaudra 35 % de la note finale, et que le deuxième bulletin vaudra 65 %.

À l’origine, les deux bulletins cette année devaient valoir chacun 50 % de la note finale. Dans une année normale, la pondération va comme suit: 20 % – 20 % – 60 %.

«Cela devrait permettre aux élèves qui auraient éprouvé des difficultés plus importantes durant les premiers mois de l’année scolaire d’augmenter leurs chances de réussir leur année scolaire.»

La nouvelle pondération, une recommandation du comité évaluation-réussite entérinée mercredi par le conseil des ministres, ne pourra pas être changée par les établissements, a précisé le ministre.

Des taux similaires au privé

De son côté, la Fédération des établissements d’enseignement privés a rapporté que selon un sondage interne, les taux de réussite sont similaires à ceux des années précédentes au primaire et au secondaire.

«On observe toutefois une légère baisse des moyennes des élèves de 3e et 4e secondaire en mathématiques et en français, ce qui amène la Fédération à demander au gouvernement de ramener les élèves à temps plein à l’école dès que possible», écrit-elle dans un communiqué.

«Étonnamment, les nouvelles approches pédagogiques mises en place dans le contexte de la pandémie semblent bénéficier à certains élèves, notamment ceux de 6e année et du 1er cycle secondaire, alors qu’un nombre significatif d’écoles observent une hausse des résultats de ces élèves comparativement à l’année dernière.»

Québec solidaire reste sur sa faim

La députée solidaire Christine Labrie a souligné que l’efficacité des mesures gouvernementales ne se mesurait pas seulement avec le taux de réussite.

«Les données qu’il nous présente ne nous disent rien sur les écarts qui pourraient se creuser entre le privé et le public, entre les secteurs favorisés ou défavorisés, ou encore entre Montréal et les régions qui ont pu reprendre en présentiel le printemps dernier», a-t-elle déploré dans une déclaration écrite.

«Le ministre est également incapable de dire si les notes sont à la baisse chez les élèves qui réussissent.»

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