Taux double pour le temps sup en santé: «trop peu trop tard» disent les syndicats

MONTRÉAL — La mesure visant à augmenter temporairement la rémunération des heures supplémentaires du «taux et demi» au taux double est «nettement insuffisante» aux yeux des syndicats qui représentent les travailleurs concernés dans la santé.

Pour eux, c’est «trop peu trop tard», clament-ils à l’unisson.

Québec a fait savoir aux syndicats, mercredi, qu’il allait porter au taux double la rémunération des heures supplémentaires, plutôt qu’au taux habituel de 150 %.

La mesure entrera en vigueur ce vendredi pour prendre fin le 26 septembre.

En conférence de presse, le premier ministre François Legault a expliqué la mesure par les difficultés que vit présentement le réseau de la santé, à cause des vacances estivales du personnel, jumelées aux cas d’isolement de travailleurs pour cause de COVID.

«On veut donner un incitatif» pour que les gens soient plus enclins à faire des heures supplémentaires, a-t-il justifié.

Interrogé à savoir s’il n’était pas tard pour intervenir, à la fin de juillet, il a soutenu que non, «c’est au bon moment».

Pas négocié

Les huit organisations syndicales déplorent aussi le fait que cette mesure ait encore une fois été décidée unilatéralement par le gouvernement plutôt que négociée avec les représentants des travailleurs dans la santé.

Les syndicats avaient également déploré ces décisions unilatérales, lorsque des primes COVID avaient été implantées, au début et au plus fort de la pandémie, plutôt que d’être discutées avec les agents négociateurs qu’ils sont.

D’ailleurs, quand le gouvernement avait mis fin aux primes COVID, à la mi-mai, les syndicats avaient prévenu que le gouvernement se retrouverait avec moins de travailleurs enclins à faire des heures supplémentaires.

«Nous avons avisé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, le 9 mai dernier que la situation sur le terrain s’avérait très précaire et qu’il fallait convenir d’un plan pour éviter les bris de services cet été. Nous lui avons tendu la main. En la refusant et en n’agissant pas immédiatement, le gouvernement a laissé la situation se détériorer à tel point que la mesure annoncée hier est nettement insuffisante. Encore une fois, il improvise au lieu de planifier», ont critiqué les syndicats.

Et jeudi en début d’après-midi, les syndicats attendaient encore la directive écrite du gouvernement précisant les paramètres encadrant ces heures supplémentaires à taux double. 

Les syndicats rapportaient avoir eu des informations différentes selon le gestionnaire à qui ils avaient parlé.

D’après les informations que les syndicats ont obtenues, ce sont bien tous les travailleurs dans les établissements de santé qui vont bénéficier temporairement de ce taux double lorsqu’ils acceptent de faire des heures supplémentaires.

La mesure concernera les infirmières, les infirmières auxiliaires, les préposés aux bénéficiaires, les paramédics, les agents administratifs, les techniciens en laboratoire et les autres salariés dans la santé, qui travaillent dans les établissements de santé, incluant les Ressources intermédiaires (RI), les Résidences pour personnes âgées (RPA), les services préhospitaliers, par exemple. 

Ces huit organisations syndicales sont l’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux), la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé), la Fédération des professionnels de la CSN, la Fédération de la santé de la CSQ, la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, le Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et le Syndicat québécois des employés de service, affilié à la FTQ.

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