Taxi: les personnes handicapées pas consultées et inquiètes

MONTRÉAL — Des personnes handicapées se plaignent de ne pas avoir été invitées aux consultations sur la déréglementation de l’industrie du taxi. Elles sont carrément inquiètes et ignorent ce qu’il adviendra de leur moyen de transport avec cette réforme.

Claude Guimond, directeur général de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec, affirme que les personnes qu’il représente et qui ont des limitations fonctionnelles se sentent exclues.

«Qu’est-ce qui va se passer? On ne le sait pas», s’est-il exclamé en entrevue mardi.

Ni l’Office des personnes handicapées, ni sa Confédération des organismes de personnes handicapées, ni la Commission des droits de la personne ne sont sur la liste des participants à cette consultation, alors qu’ils ont une expertise en la matière, a-t-il fait valoir.

M. Guimond souligne que 85 pour cent des déplacements journaliers du transport adapté à Montréal se font par taxi, 80 pour cent à Québec et 70 pour cent à Sherbrooke.

«On parle de la modulation de la tarification durant les heures de pointe. C’est certain que la grande majorité des taxis vont aller où l’argent est à faire. Tant qu’ils vont faire les heures de pointe, auront-ils intérêt à faire du transport adapté? On n’a pas la réponse. Est-ce que Uber va investir dans des automobiles accessibles? Hum… moi j’ai des doutes. Donc, on est dans l’incertitude au complet», a déploré M. Guimond.

Il soutient que le manque de consultation de ces organismes aptes à défendre les intérêts des personnes qui ont des limitations fonctionnelles crée de l’insécurité chez elles. Ces personnes, dit-il, ont besoin d’être rassurées.

«Ça saute aux yeux que le transport adapté a besoin de l’industrie du taxi pour pouvoir répondre à la demande — une demande qui, soit dit en passant, est de plus en plus importante, considérant le vieillissement de la population», a ajouté M. Guimond.

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