Témoignage devant les élus: Arruda n’a pas recommandé la fermeture des restaurants

QUÉBEC — Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, n’a pas recommandé la fermeture des salles à manger des restaurants en zone rouge.

C’est ce qu’il a dit mercredi au chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, lors d’une commission parlementaire spéciale qui a duré trois heures.

«Pouvez-vous nous donner un exemple de recommandation que vous avez faite qui n’a pas du tout été suivie?» lui a demandé M. Bérubé.

«Sur la question de certains milieux, notamment les musées ou les restaurants, nous avions recommandé que ça pouvait potentiellement rester ouvert», a répondu le Dr Arruda.

«Donc, les restaurants, vous étiez en faveur de les garder ouverts? a voulu vérifier M. Bérubé. C’est lourd de conséquences», a-t-il ajouté, en demandant que l’on remette à la commission l’avis écrit.

Pascal Bérubé en vient à la conclusion que le gouvernement Legault a décidé de fermer les restaurants «de son propre chef». «Les restaurateurs seront heureux de l’apprendre», a-t-il ironisé.

«Mais on nous a demandé si l’on était confortable avec ça. La réponse a été oui», a nuancé le Dr Arruda, qui affirme comprendre la décision, même si ce n’était pas le «premier scénario» de la santé publique.

Elle recommandait plutôt d’autoriser uniquement aux membres d’une même famille de fréquenter ensemble les salles à manger des restaurants.

À propos de Noël, le Dr Arruda a reconnu avoir recommandé au gouvernement d’offrir aux Québécois une fenêtre de quatre jours pour qu’ils puissent se rassembler.

Une erreur? «Non. On a fait cette recommandation en se disant que si l’on n’encadre pas la situation, les gens vont faire n’importe quoi», a-t-il déclaré.

Équipement, tests rapides et ventilation

Les partis d’opposition attendaient impatiemment cette audition avec Horacio Arruda, une première en 10 mois de pandémie. Plusieurs de leurs questions sont toutefois restées sans réponse.

La cheffe libérale Dominique Anglade a voulu savoir, par exemple, si le Dr Arruda avait demandé au gouvernement en début d’année de renflouer ses stocks d’équipement sanitaire en prévision de la crise.

Le Dr Arruda a répondu que ce n’était pas sa responsabilité directe. Qu’a fait la sécurité civile? Il ne le sait pas. Et le matériel qui était périmé, ça a été porté à votre attention? «Je n’ai pas souvenir.»

Avez-vous discuté du virus avec la ministre de la Santé avant le 9 mars? «Potentiellement». Avez-vous recommandé le transfert de patients dans les CHSLD? «Ce n’est pas moi qui gère le processus.» 

Au sujet de l’usage restreint des tests rapides, le Dr Arruda s’est défendu en disant qu’à son avis, les tests rapides généraient beaucoup de «faux négatifs» et de «faux positifs».  

Il a fait savoir par contre que la santé publique planchait sur une stratégie d’utilisation sécuritaire des tests rapides, qui pourraient être déployés dans certains secteurs.

De son côté, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a cherché à savoir si la santé publique recommandait l’installation de purificateurs d’air dans les écoles.

On ne le recommande pas, mais on ne l’interdit pas non plus, fut la réponse. 

Est-ce que le Québec aurait été mieux préparé s’il n’y avait jamais eu de compressions en santé publique? Non, a répondu le Dr Arruda. «On a conservé le corps principal.»

En ouverture de sa comparution devant les élus, le Dr Arruda s’est également défendu d’avoir procédé «par étapes» pour imposer le port du masque aux Québécois, qui devaient apprendre à l’«intégrer».

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