Tempête de neige: Environnement Canada prévoit jusqu’à 40 cm de neige

MONTRÉAL – La tempête qui s’abat sur le territoire québécois sera «possiblement la plus importante de l’hiver».

C’est du moins ce que croit René Héroux, météorologue à Environnement Canada, parlant d’accumulations qui devraient atteindre de 15 à 40 centimètres sur l’ensemble des régions du Québec.

L’Estrie, la Beauce, le Centre-du-Québec et Charlevoix seront les régions les plus touchées, alors que de 30 à 40 centimètres de neige sont attendus. Les secteurs situés plus près du fleuve, dont Montréal et la Mauricie, pourraient recevoir de 15 à 30 centimètres.

De 15 à 20 centimètres devraient tomber sur les régions plus à l’est, c’est-à-dire le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord.

Les premiers flocons ont commencé à tomber sur l’ouest du Québec en fin de matinée mardi, pour ensuite se déplacer vers l’est. La tempête devrait atteindre son paroxysme en soirée mardi et dans la nuit de mardi à mercredi. De la neige intermittente est prévue dans la journée de mercredi, souligne René Héroux.

Des vents soufflant de 30 à 60 km/h accompagneront la neige, ce qui devrait créer de la poudrerie sur tout le Québec. Des rafales atteignant 100 km/h pourraient balayer l’est de la province. Environnement Canada a émis une série d’avertissements de neige abondante, de poudrerie et de tempête hivernale pour le sud du Québec.

René Héroux prévoit que la visibilité sera fortement réduite sur les routes, particulièrement dans la soirée de mardi et dans la nuit de mardi à mercredi.

Entrevoyant un retour à la maison difficile, plusieurs écoles ont décidé de fermer leurs portes mardi. Toutes les écoles primaires et secondaires en Estrie ont donné congé à leurs élèves, tout comme certaines institutions en Montérégie.

Ainsi, les écoles rattachées aux commissions scolaires des Eastern Townships, de la Région-de-Sherbrooke, des Sommets, des Hauts-Cantons et du Val-des-Cerfs sont fermées pour la journée. Certains services de garde sont toutefois ouverts.

Cent soixante-douze vols ont été annulés dans la journée de mardi à l’aéroport Montréal-Trudeau sur les quelque 600 vols prévus pour la journée, rapporte Stéphanie Lepage, directrice des relations média.

La plupart de ces vols étaient à destination ou en provenance du nord-est des États-Unis, ou même de la Floride, précise-t-elle. Quelques dizaines de vols domestiques, effectuant la liaison avec Toronto ou les provinces maritimes, ont également été cloués au sol.

Les deux vols quotidiens entre la ville de Québec et le nord-est des États-Unis ont également été annulés, mentionne Mathieu Claise, directeur des communications à l’aéroport Jean-Lesage.

Les voyageurs sont invités à contacter leur compagnie aérienne avant de se rendre à l’aéroport pour connaître l’état de leur vol.

La Sûreté du Québec a mis en branle l’opération Griffe pour répondre aux appels d’urgence qui devraient se faire plus nombreux sur les routes au cours des prochaines heures. Des effectifs supplémentaires ont été déployés sur le terrain, indique le sergent Ronald Mc Innis.

Il demande d’ailleurs aux automobilistes de réduire leur vitesse, bien déblayer leur véhicule et allumer leurs phares même en plein jour pour réduire les risques de collision et de sorties de route. Dans la mesure du possible, il recommande aux usagers du réseau routier de reporter leurs déplacements.

Un homme a péri à la suite d’un violent impact survenu à Saint-Wenceslas, dans le Centre-du-Québec. Son véhicule est entré en collision avec un pilier de viaduc vers 15 h sur l’autoroute 55.

D’autre part, un carambolage impliquant une trentaine de véhicules est survenu vers 15h30 sur l’autoroute 10 dans le secteur de Magog. Les conditions étaient d’ailleurs particulièrement difficiles en Montérégie et en Estrie.

Louis Lalancette, porte-parole du ministère québécois des Transports, prévenait que la visibilité était nulle sur l’autoroute 15 entre la frontière américaine et Candiac, ainsi que sur l’autoroute 20 entre la frontière ontarienne et Les Cèdres avec une chaussée enneigée.

La tempête a déjà laissé dans son sillage une vingtaine de centimètres de neige sur le sud de l’Ontario.

Les régions de Hamilton, Burlington et du Niagara ont été les plus durement touchées. Plusieurs institutions universitaires et collégiales sont fermées pour la journée, tout comme certaines écoles et garderies.

D’autres régions du sud de l’Ontario ont été relativement épargnées par la tempête et devraient recevoir moins de neige que ce qui avait été initialement annoncé. La région de Toronto devrait recevoir environ la moitié des 10 à 15 centimètres prévus, indique Mark Schuster, météorologue à Environnement Canada.

En milieu d’après-midi mardi, 248 vols à destination et 267 vols au départ de Toronto avaient été annulés à l’aéroport Pearson.

Jusqu’à 75 centimètres de neige sont attendus sur certains secteurs du nord-est des États-Unis.
Une période de l’année propice aux tempêtes

La tempête qui déferle sur le Québec est l’amalgame de deux dépressions qui ont traversé le nord des États-Unis ces derniers jours. La première était située sur les Grands Lacs au niveau des États de l’Illinois et de l’Ohio et la seconde s’est formée sur la côte est américaine, indique Simon Legault, météorologue à Environnement Canada.

Bien que des températures plus printanières ont titillé le Québec ces dernières semaines, il n’est pas rare que d’importantes tempêtes s’abattent sur la province à cette période de l’année.

«Les soubresauts sont plus forts, puisque ça commence à se réchauffer du côté des États-Unis, explique Simon Legault. Le soleil est plus chaud et donc il y a plus d’eau qui s’évapore des océans. Le contraste est donc très fort avec la masse d’air froid qu’on a connue ces derniers jours, ce qui crée des systèmes plus vigoureux.»

Quant à savoir s’il s’agit de la dernière tempête de l’hiver, il n’y a rien de plus incertain. «On a souvent de petites surprises à la fin mars ou au début avril, donc il ne faut pas s’étonner si ce n’est pas la dernière», prévient M. Legault.