Tests COVID pour sa famille: une travailleuse congédiée gagne sa cause

MONTRÉAL — Une travailleuse, mère monoparentale, qui avait vu son emploi «aboli» après avoir pris congé parce que l’école lui avait demandé de venir chercher son fils qui avait des symptômes de la COVID et qu’elle devait faire passer des tests de dépistage à toute sa famille, vient de gagner sa cause devant le tribunal.

Le Tribunal administratif du travail a jugé que la soi-disant réorganisation administrative invoquée par son employeur était en fait un congédiement déguisé, parce qu’elle avait pris un congé pour faire passer des tests COVID à sa famille.

Qui plus est, la travailleuse en question est infirmière auxiliaire et son employeur médecin dans une clinique privée. Et elle a cinq enfants.

Le 13 avril dernier, l’école avait appelé l’infirmière auxiliaire en question, lui disant que son fils avait des symptômes de la COVID et qu’elle devait venir le chercher. Elle avait alors pris rendez-vous dès le lendemain pour des tests de dépistage pour sa famille.

Le 14 avril, le médecin l’avait informée par courriel que son poste était aboli.

L’infirmière auxiliaire avait porté plainte au Tribunal administratif du travail, alléguant avoir été congédiée parce qu’elle s’était absentée du travail pour maladie et pour raisons familiales. 

Lors des audiences, le médecin employeur avait soutenu qu’il songeait depuis des mois à se départir des services de cette infirmière auxiliaire et qu’il n’avait pas vraiment besoin d’assistante et pouvait tout faire seul. 

Le Tribunal ne l’a pas cru. «La preuve de la réorganisation est insuffisante, sinon absente», écrit le juge administratif dans sa décision.

«Jamais au cours de sa longue réflexion, il n’en glisse un mot à (…) pour qu’elle prépare la suite de sa fin d‘emploi, elle qui, comme famille monoparentale, a la charge de cinq enfants.

«Non seulement il n’en parle pas, mais au contraire, il lui partage son projet d’agrandissement de la clinique, lui laissant pressentir l’obtention d’un poste à temps plein», ajoute le juge administratif.

«Il est d’ailleurs étrange qu’un employeur qui affirme être satisfait des services d’une salariée et en bons termes se départisse d’elle dans un simple courriel, sans prévoir ne serait-ce qu’une brève réunion avec ses collègues pour souligner son départ, comme tout employeur reconnaissant et respectueux le ferait», ajoute-t-il

Le Tribunal administratif du travail annule le congédiement de la travailleuse, ordonne à l’employeur de la réintégrer dans son emploi avec tous ses droits et privilèges. Il lui ordonne aussi de lui verser, à titre d’indemnité, l’équivalent du salaire et des autres avantages dont l’a privée le congédiement.

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