Tests négatifs exigés pour entrer au Canada par avion: Ottawa annonce les détails

OTTAWA — Les transporteurs aériens se résignent à l’imposition d’un test de dépistage négatif de la COVID-19 (PCR) pour tout voyageur désirant monter à bord d’un avion en direction du Canada.

Alors que l’industrie espérait que l’entrée en vigueur de la mesure soit retardée de plusieurs jours, le gouvernement fédéral a plutôt annoncé quelques exceptions temporaires à ce qui sera exigé dès jeudi.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a simplement indiqué, mercredi, que les voyageurs arrivant d’Haïti n’auront à présenter un test PCR qu’à partir du 21 janvier. Ceux de Saint-Pierre-et-Miquelon devront obéir à l’exigence à partir du 14 janvier.

Autre exception annoncée par le ministre Garneau: les voyageurs d’Amérique latine et des Caraïbes pourront, jusqu’au 14 janvier, présenter un test fait dans les quatre derniers jours avant leur vol, plutôt que dans les trois derniers jours.

Pour le moment, tout test comportant la date à laquelle il a été fait et un résultat négatif suffira pour autoriser l’embarquement en direction du Canada. Cependant, Ottawa a l’intention de dresser bientôt une liste plus restreinte des tests acceptables.

«À un moment donné, nous pourrions exiger que le test provienne de certains laboratoires accrédités», a dit le ministre Garneau.

Un voyageur vacciné devra quand même soumettre un test négatif puisqu’on ignore encore si les vaccins qui protègent contre la COVID-19 préviennent aussi la transmission du virus, a souligné le ministre.

«Avec le variant du virus qu’on vient d’identifier au Royaume-Uni et aussi maintenant en Afrique du Sud, des mesures additionnelles sont absolument nécessaires», a argué M. Garneau.

Ce test PCR permet cependant à Ottawa de ne pas prolonger l’interdiction des vols en provenance du Royaume-Uni. Cette interdiction avait été mise en place le 20 décembre et prenait fin le soir du 6 janvier.

Les voyageurs en provenance du Royaume-Uni continueront cependant à être plus surveillés pendant leur quarantaine au Canada que les autres voyageurs aussi soumis à la quarantaine.

«Les voyageurs qui ont séjourné au Royaume-Uni ou en Afrique du Sud avant leur arrivée au Canada font objet d’une vérification accrue en matière de conformité pendant leur période de quarantaine. Cela comprend des appels et des visites portant sur vérification de la conformité, de la part des services policiers», a écrit dans un courriel un porte-parole de l’Agence de la santé publique du Canada.

Le gouvernement canadien recommande, depuis le mois de mars, d’éviter tout voyage à l’étranger.

De la déception

Malgré les changements, le Conseil national des lignes aériennes du Canada, qui représente des compagnies comme Air Canada, Air Transat, Jazz Aviation et WestJet, était toujours aussi préoccupé pour les voyageurs qui se trouvent à l’étranger.

«Nous continuons d’être préoccupés par les passagers qui ne pourront pas obtenir de test ou qui ne seront pas au courant de leurs obligations», a expliqué son président et chef de la direction, Mike McNaney, au cours d’une entrevue téléphonique.

De son côté, le porte-parole de Transat A.T., Christophe Hennebelle, a exprimé des craintes similaires, estimant qu’il y avait des risques que des voyageurs se retrouvent coincés à l’extérieur.

«Nos équipes travaillent extrêmement fort, mais c’est quelque chose qui risque d’arriver, a-t-il relaté. Malheureusement, on ne pourra pas le savoir avec certitude avant d’avoir eu tous les clients au comptoir d’enregistrement.»

Transat A.T. a indiqué qu’elle épaulera ses clients coincés à l’extérieur du pays afin de trouver un endroit où se loger avant de pouvoir monter à bord de ses appareils. Les voyageurs devront toutefois assumer ces dépenses.

En décembre, Transat A.T. avait transporté 9000 Québécois vers des destinations soleil, comparativement à 63 000 en décembre 2019.

Le ministre Garneau s’est dit confiant de voir les compagnies aériennes collaborer à ce nouvel effort contre la pandémie. Il a toutefois émis une critique envers certaines d’entre elles.

«C’est contre-productif pour les lignes aériennes d’essayer d’encourager des voyages à l’étranger», a-t-il dit en commentant les campagnes publicitaires de certaines compagnies.

Réaction de l’opposition conservatrice

« L’incapacité du gouvernement de Justin Trudeau à collaborer avec les compagnies aériennes du Canada et à mettre en place un plan de dépistage à l’arrivée sème la panique chez les Canadiens qui doivent maintenant se démener pour passer des tests de dépistage à l’étranger, sous peine d’interdiction de vol», s’est désolé le député conservateur Michael Chong, dans un communiqué publié mercredi après-midi.

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