Tests obligatoires: un jeu d’enfant, témoignent des voyageurs

MONTRÉAL — Faire le test de dépistage de la COVID-19 afin de répondre aux nouvelles exigences a été un jeu d’enfant, à en croire plusieurs voyageurs revenant du Sud rencontrés jeudi soir à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal au premier jour de l’entrée en vigueur de la mesure.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a annoncé il y a une semaine que les voyageurs devront obtenir un test négatif de la COVID-19 (PCR) afin de monter à bord d’un avion en direction du Canada.

Le processus a été «relativement facile», ont raconté Samy Boucha et Chanel Nadeau tout juste de retour de Cancún, au Mexique. Le concierge de l’hôtel a organisé le tout pour qu’un test soit fait directement dans la chambre où Samy Boucha a logé durant la dernière semaine avec sa copine. Les résultats sont arrivés 24 heures plus tard.

Dans la section des arrivées quasi déserte de l’aéroport Montréal-Trudeau, les écrans et des messages sonores enregistrés rappelaient constamment aux voyageurs qu’ils doivent s’isoler pendant 14 jours à leur retour au pays, un confinement qui «ne changera pas grand-chose», ont-ils tous deux confirmé puisqu’ils travaillent de la maison.

Deux jeunes femmes également de retour sur le même vol se sont pour leur part rendues dans une clinique privée. Elles ont dû présenter le résultat de leur test à plusieurs reprises: trois fois à l’aéroport au Mexique et deux fois à Montréal, notamment au douanier qui les a accueillies, a indiqué l’une d’elles, Nathalie, qui a expliqué n’être «pas à l’aise» de dire son nom de famille.

Qu’est-ce qui les a motivés à partir dans le Sud malgré les demandes répétées des gouvernements de ne pas voyager? «Les frontières étaient ouvertes, a répondu son amie Selena Bouchard. C’était permis.»

Danielle Henri et Michel Allard, tous deux dans la soixantaine, ont pour leur part dit avoir fait leur test à l’aéroport de Fort Lauderdale, en Floride, trois jours avant le vol. «On va sur Internet. Tu choisis l’horaire. J’ai pris 4 h. Il a pris 4 h 15», a résumé Mme Henri. Coût total de l’exercice pour deux personnes : 211 $ US.

Le couple de Lanaudière, qui a appris une fois aux États-Unis que le Canada mettait en place cette exigence, a envisagé de devancer son retour d’une journée pour y échapper, mais y a renoncé, le coût du changement de billet étant trop élevé à leurs yeux.

«Je trouve que c’est rassurant de prendre le test COVID en revenant parce qu’on est sûr de ne pas contaminer les gens au Québec», a indiqué Mme Henri.

Mme Henri a témoigné s’être demandé «jusqu’à la dernière minute» si elle devait partir pour cette semaine au cours de laquelle elle pourrait enfin voir sa fille qui vit à Vancouver, deux de ses fils qui habitent en Pennsylvanie et ses petits-enfants. «On se sentait coupable. On n’a pas mis de photos sur Facebook de toute notre gang où on était. […] On n’a pas dit à nos amis qu’on allait en voyage.»

«On est habitué d’être 60 à Noël chez nous», dit celle qui est l’aînée dans une famille de sept enfants. «On fait habituellement cuire une dinde de 37 livres, mais là on a fait du pâté au poulet», illustre son conjoint expliquant que les célébrations ont été plus modestes. Ils étaient finalement une dizaine de personnes.

Un autre couple qui est allé prendre des vacances et faire des rénovations à son condo en Floride a raconté avoir emprunté la même voie, un processus qui a pris à peine 24 heures. «Les pharmacies en font, mais pour garantir le délai, je me suis dit que je suis à l’aéroport sur place», a raconté un homme qui a refusé de s’identifier.

Sa conjointe, Josée Bertrand, était visiblement agacée par la couverture médiatique des voyageurs qu’elle associe directement aux commentaires «très méchants» en réaction aux photos qu’elle a initialement publiés sur les réseaux sociaux.

«Là, ce qu’on voit, c’est qu’on est les pires crétins du monde, a-t-elle dit en insistant qu’elle n’est pas sortie de chez elle. On a vu moins de gens que vous avez pu en voir durant le temps des fêtes. Trois semaines à se faire livrer une épicerie, à ne pas sortir, même pas aller à la plage, rester à notre piscine […] et il n’y avait pas un chat.»

«Nous, on entre avec un test de COVID ici. Vous, est-ce que vous avez passé un test de COVID avant de venir à l’aéroport?, a-t-elle poursuivi. Je suis beaucoup moins à risque pour les autres et en plus on va faire une quarantaine.»

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