Therrien est «tellement déconnecté» que c’en est «dégoûtant», dit Jagmeet Singh

OTTAWA — Le chef du Nouveau Parti démocratique s’en prend à nouveau au député bloquiste qu’il a traité, le printemps dernier, de raciste.

Mardi, le député Alain Therrien a voulu revenir sur l’épisode du printemps, devant un comité qui étudie la sécurité sur la colline parlementaire. 

«Moi, quand Jagmeet Singh a eu la bonne idée de me traiter de raciste, j’ai eu des dizaines de milliers de courriels haineux (…) et j’ai eu des menaces de mort. Plusieurs menaces de mort. Ce qui a fait que mon bureau de comté et ma maison ont été supervisés par la police du Roussillon, dans mon coin de pays», a relaté le député.

«Mes enfants de 8 et 11 ans (…) étaient très inquiets, même apeurés» a tenu à ajouter M. Therrien.

Mercredi, invité à commenter cette sortie du député bloquiste, le chef néo-démocrate a d’abord rappelé «le contexte». Au printemps, il reprochait à M. Therrien de ne pas appuyer sa démarche pour dénoncer le racisme systémique de la GRC à l’égard des autochtones. 

«Des gens sont morts (…) parce que la police s’est présentée et, au lieu d’aider des membres d’une famille, ces gens ont été tués», a dit M. Singh. «Les Autochtones sont en train d’être tués, brutalisés, battus», a-t-il insisté.

«Dans ce contexte, que quelqu’un se plaigne de sa propre situation, sans parler de ce que ces gens vivent (…), c’est tellement déconnecté de ce que les gens vivent, c’est dégoûtant», a-t-il lancé.

Lorsque le journaliste qui a soulevé cette question l’a invité à dire quelque chose à ceux qui ont fait des menaces à M. Therrien, M. Singh a dit que «ça ne va pas aider» la cause.

«Ce n’est pas (…) à propos d’un seul député. Nous n’obtiendrons pas les changements que nous réclamons en attaquant un seul député qui ne fait même pas partie du gouvernement», a-t-il souligné. 

L’épisode du printemps a marqué le début d’une relation acrimonieuse entre les deux partis d’opposition. En juin, les bloquistes avaient quitté la Chambre pour protester contre l’épithète lancée par M. Singh à M. Therrien.

Fin octobre, le chef bloquiste Yves-François Blanchet annonçait publiquement que les bloquistes ne parlaient plus aux néo-démocrates. 

À ce moment-là, le Bloc venait à la défense de l’enseignante de l’Université d’Ottawa à qui l’on a reproché d’avoir prononcé, dans un contexte pédagogique, le mot qui commence par la lettre «n». Le député néo-démocrate Matthew Green avait alors, dans une entrevue au réseau CBC, déclaré que le Bloc «défend en fait la prérogative de préserver la suprématie blanche».

Mercredi, le député Therrien a choisi de ne pas relever le gant une nouvelle fois.

«Nous ne commenterons pas ce manque de sensibilité et n’embarquerons pas dans de nouvelles hostilités. Dans le contexte des divers incidents survenus récemment visant des députés de la Chambre des Communes, le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre étudiait hier les mesures de protection des députés fédéraux. En faisant état des messages haineux et des menaces de mort que lui et sa famille ont reçus, la seule motivation de M. Therrien était de participer à l’amélioration des mesures de sécurité des parlementaires», a écrit, dans un courriel, Julien Coulombe, porte-parole du Bloc Québécois.

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