Timor oriental: un ancien prêtre est accusé d’agressions sexuelles

DJAKARTA, Indonésie — Un ancien prêtre américain accusé d’avoir agressé sexuellement des fillettes dans son refuge pour orphelins et enfants défavorisés s’est présenté devant la justice du Timor oriental mardi.

Il s’agit du premier procès pour agressions sexuelles impliquant un membre du clergé dans cette région, qui est la plus catholique du monde après le Vatican.

L’homme de 84 ans, Richard Daschbach, est un ancien missionnaire originaire de la Pennsylvanie. Il fait face à 14 accusations d’avoir agressé sexuellement des enfants de moins de 14 ans, à une accusation de pornographie juvénile et à une accusation de violence domestique, selon le procureur général du pays.

Il est passible de 20 ans de prison s’il est reconnu coupable.

Les policiers étaient présents en grands nombres au petit palais de justice situé près de la plage. Une centaine de partisans de l’ancien religieux qui s’étaient rendus sur place n’ont pas été admis à l’intérieur.

Environ 97 % des quelque 1,3 million d’habitants de ce jeune pays sont catholiques. L’affaire divise familles et politiciens. L’atmosphère est si tendue que les plaignantes craignent d’être attaquées si leur identité est dévoilée.

L’ancien président Xanana Gusmao, qui jouit lui aussi d’un immense respect, s’est brièvement trouvé dans la salle d’audience avec M. Daschbach mardi. L’ancien leader demeure extrêmement puissant et plusieurs se demandent pourquoi il appuie publiquement un homme accusé d’avoir agressé sexuellement des enfants.

Les crimes allégués se seraient échelonnés sur plusieurs années à Topu Honis, un refuge pour jeunes que M. Dachbach a fondé et géré et où il a fourni de la nourriture, des vêtements, un toit et une éducation à des centaines de jeunes défavorisés.

Au moins 15 femmes se sont toutefois manifestées, selon JUS Jurídico Social, un regroupement d’avocats spécialistes des droits de la personne qui les représente. Des bienfaiteurs étrangers qui ont jadis appuyé M. Daschbach croient qu’il pourrait y avoir des centaines de victimes.

Un responsable de l’Église catholique à Dili, la capitale du Timor oriental, a dit que M. Daschbach a été expulsé du clergé après avoir admis avoir agressé les enfants. Les gestes évoqués par les accusatrices vont des attouchements au viol. Les anciens bienfaiteurs disent que M. Daschbach s’est aussi confessé à eux.

M. Daschbach a dit à la presse locale, le mois dernier, qu’il a prévenu les jeunes de son refuge qu’il sera incarcéré pour le reste de ses jours.

M. Daschbach, qui avait obtenu du financement américain, fait face à trois accusations de fraude aux États-Unis. Il fait l’objet d’une notice rouge d’Interpol.

Le procès a été suspendu après la lecture des accusations et la réponse de la défense mardi. Les procédures reprendront le 22 mars, en présence de témoins.

– Par Raimundos Oki, The Associated Press

Laisser un commentaire