Tissus foetaux: l’administration Trump met fin à la recherche gouvernementale

WASHINGTON — L’administration Trump a accordé une autre victoire aux opposants à l’avortement, mercredi, en mettant fin aux recherches gouvernementales utilisant des tissus fœtaux humains, et ce, malgré les avertissements des scientifiques qui soulignent que certains problèmes de santé ne pourront être étudiés autrement.

Les recherches financées par le gouvernement se déroulant dans des universités et impliquant des tissus fœtaux peuvent continuer pour le moment, sous réserve d’un examen plus approfondi, a déclaré le département de la Santé et des Services sociaux. Il a toutefois mis fin à un projet majeur dans lequel les tissus étaient utilisés pour tester des traitements contre le VIH.

Ce changement ne touchera pas les recherches financées par le privé.

Cet enjeu était l’une des grandes revendications du mouvement antiavortement aux États-Unis, une base électorale importante pour Donald Trump.

Mais les recherches sur les tissus fœtaux ont permis de sauver des vies, notamment avec la mise au point de vaccins antirubéoleux et antirabiques et de médicaments pour traiter le virus du sida.

Des scientifiques aux États-Unis ont dénoncé cette décision, affirmant que les tissus fœtaux étaient toujours indispensables pour la recherche sur les vaccins contre le VIH, les traitements qui mobilisent le système immunitaire pour lutter contre le cancer et sur d’autres menaces pour la santé, dont certaines concernent le fœtus.

«Interdire les recherches valables qui utilisent des tissus fœtaux qui seraient autrement jetés n’a aucun sens», a déploré le docteur Lawrence Goldstein, spécialiste en médecine régénérative à l’Université de Californie à San Diego.

«Il bloque d’importantes recherches futures qui sont essentielles au développement de nouvelles thérapies.»

Le président des Instituts américains de la santé, Francis Collins, a déclaré en décembre qu’il était convaincu que «la recherche sur les tissus fœtaux présente des avantages scientifiques», et que les tissus fœtaux, plutôt que toute autre solution, «continueraient d’être le pilier» pour certains types de recherche dans un avenir prévisible.

Un haut responsable de l’administration Trump a indiqué que la mesure annoncée mercredi était la décision du président, et non celle de M. Collins. Ce responsable a parlé sous condition d’anonymat parce qu’il n’était pas autorisé à discuter publiquement des délibérations internes.

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