Tordeuse des bourgeons de l’épinette: le PQ veut une pulvérisation complète

QUÉBEC — Le député de Bonaventure et porte-parole du Parti Québécois en matière de forêts, Sylvain Roy, dénonce la décision de réduire la superficie de pulvérisation contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans les forêts de quatre régions de l’est du Québec.

La semaine dernière, la Société de protection des forêts contre les insectes et les maladies (SOPFIM) a fait volte-face en annonçant que des épandages auraient finalement lieu de la fin de mai jusqu’en début de juillet pour lutter contre le redoutable insecte sur 111 500 hectares. Au début du mois, la pulvérisation sur les 665 000 hectares initialement prévus avait été annulée.  

Le député Roy affirme qu’en tolérant que la superficie traitée soit réduite à peau de chagrin, le gouvernement sacrifie le capital forestier du Québec. À son avis, cette décision se traduira, à terme, par de lourdes conséquences pour les centaines de villes et de villages qui vivent de l’économie forestière, vu la progression de l’insecte.

Pour expliquer sa décision initiale d’annuler l’ensemble des épandages en 2020, la SOPFIM a invoqué des questions de sécurité liées à la pandémie de COVID-19. Un avis scientifique affirmant que l’arrosage pouvait se faire seulement une année sur deux a ensuite été évoqué, une explication qui paraît boiteuse aux yeux du député.

Il réclame une pulvérisation complète, car les régions de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord ne peuvent se permettre de laisser l’épidémie détruire les forêts qui constituent le gagne-pain de milliers de familles. Il rappelle que des intervenants du secteur forestier font des efforts pour mettre en place des protocoles sanitaires visant à assurer la sécurité des travailleurs.

La SOPFIM a fait savoir que la pulvérisation comprend normalement 550 travailleurs et une centaine d’aéronefs.

La critique du député Roy fait suite à celle de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM), affiliée à la CSN, qui a affirmé récemment que l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette demeurait une menace à l’industrie québécoise du bois d’oeuvre et, par conséquent, aux approvisionnements des scieries et des papetières.

La FIM a rappelé que la tordeuse attaquait principalement le sapin et l’épinette qui sont les deux principales essences d’arbre à l’origine du bois d’oeuvre au Québec.

La tordeuse des bourgeons de l’épinette est un insecte indigène vivant dans les forêts d’Amérique du Nord depuis des milliers d’années. Elle est considérée comme la plus destructrice des peuplements de conifères du continent, car sa présence explique de graves défoliations.

 

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